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Syndicat National de l'Enseignement Privé

Chaque semaine :
les «billets d'humeur» 2018 d'Evelyne

evelyne@synep.org
Accès aux « billets d'humeur » par année

2018 | 2017 | 2016

14 octobre 2018
Les chouchous du ministère de l’Éducation Nationale.

Comme je l’ai indiqué la semaine dernière, la « brosse à reluire ministérielle » fonctionne à plein régime en direction des parents ; au détriment des enseignants, ça on le savait déjà, mais surtout au détriment des élèves à qui, à grand renfort de démagogie à peine voilée, on fait croire qu’ils vont être bien armés pour affronter le futur marché du travail, si tant est qu’ils réussissent à trouver un travail, un vrai.
Aujourd’hui, je ne parlerai pas de la navrante « réforme » du bac-pro nécessitant à elle seule plusieurs billets d’humeur. Je n’effleurerai qu’un sujet d’actualité : celui des « tests de positionnement » pour les élèves venant d’entrer en seconde et dont les résultats sont en train de tomber sur leurs profs.

Ces tests ont été d’une simplicité enfantine. Pourquoi, si ce n’est pour conforter les parents dans le fait qu’ils ont fait des génies (ce qui n’est pas improbable) ? Du même coup, le ministère décrédibilise les profs qui, dans un sondage que nous avons réalisé, ont été quasi-unanimes à nous dire que les super-résultats obtenus sur les tests étaient contredits pas les médiocres-résultats obtenus dans les contrôles faits en classe depuis le début d’année scolaire !

Il est certain qu’en tant que parent il vaut mieux croire le ministère, sans trop s’occuper de chercher à savoir qui a raison. Et comme les parents sont électoralement largement plus nombreux que les profs… les élus ne se privent pas d’utiliser un tel levier depuis des années. Entre autres dans ce domaine, les anciennes pratiques politiciennes ne changent pas et ont, semble-t-il, même tendance à s’amplifier.

Mais… une petite lueur d’espoir paraît à l’horizon. Nombre de parents d’élèves de seconde commencent à douter de notre ministre à propos de l’avenir incertain de leurs enfants en liaison avec les enseignements de spécialité qu’ils devront choisir incessamment sous peu alors que ni les programmes ni les établissements qui les dispenseront ne sont connus.

Cependant, pour nos gouvernants, ce nombre isolé de parents a-t-il vraiment un poids électoral significatif face à l’ensemble de tous ceux qu’il lui semble bon de continuer à chouchouter ?

7 octobre 2018
Parents, pour vous, la « brosse ministérielle à reluire » fonctionne à plein régime.

Dans le BO du 27 septembre dernier, il est une note de service relative aux procédures d’orientation en fin de seconde. Officiellement, la note en question s’adresse exclusivement à la hiérarchie éducative, depuis les recteurs jusqu’aux psychologues, en passant par les directeurs et les profs. Mais il est clair qu’officieusement
elle est essentiellement tournée vers les parents d’élèves et leur progéniture pour qui notre délégué à l’écriture ne manque pas de faire jouer la « brosse à reluire ».

En quelques phrases il multiplie les termes de dialogue, de concertation, d’accompagnement, de possibilités de choix pour les jeunes et leurs familles parmi de multiples enseignements de spécialité… et, cerise sur le gâteau parental, il annonce même que « des conventions pourront être mises en place entre deux établissements géographiquement proches afin de permettre à leurs élèves de suivre des enseignements de spécialité qui ne seraient pas offerts dans leur lycée de scolarisation ». En quelque sorte, il offre le rêve en ces temps de restrictions budgétaires !

Mais qui peut croire en cette promesse mirifique ? D’abord, il n’y a que dans les très très grandes villes que plusieurs lycées sont extrêmement proches les uns des autres ; et ensuite, même s’il en existait, lorsqu’on connait la galère causée par la mise au point d’un emploi du temps dans chaque établissement, comment ne pas sourire à l’idée d’une imbrication cohérente de deux emplois du temps ?

Pour conclure ce billet avec un semblant d’optimisme, je vais faire croire au rédacteur de cette note de service que je crois qu’il croyait qu’on le croirait, surtout lorsqu’on voit qu’il l’a terminée par cette phrase enflammée : « Le sens profond de cette évolution est de développer l'autonomie et la créativité des élèves, facteurs essentiels de réussite au XXIe siècle. » !

30 septembre 2018
L’Éducation Nationale va sans doute interdire le port de la jupe pour les enseignantes du sous contrat !

La semaine dernière, je vous disais que notre ministre de l’Éducation Nationale avait décidé que les enseignantes et enseignants ne pourraient plus refuser de faire deux heures supplémentaires (sous payées pour nombre d’entre elles) si les nécessités de service l’exigeaient. Certains d’entre vous se sont dit : dans mon établissement, je n’ai rien à craindre !

He bien, qu’ils se détrompent ! Des Circulaire
commencent à être envoyées aux chefs d’établissements de l’enseignement privé du second degré sous contrat les « invitant » (et on se doute de ce que sous-entend ce mot), entre autres pour les remplacements de courte durée (inférieures à 15 jours), à privilégier le recours aux heures supplémentaires à faire effectuer par les enseignants de l’établissement du maître absent. De plus, le remplacement ne se fera pas nécessairement dans la discipline du maître absent ! Dit en d’autres termes, cette « invitation » est interprétable comme suit : débrouillez-vous, sans avoir recours à des suppléants, pour faire en sorte que les élèves aient un maître devant eux, quitte à ce que ce dernier ne leur parle que de la pluie et du beau temps ! Du presque Mme Najat Vallaud-Belkacem, sans y faire allusion.

Quoi qu’il en soit, comme je l’indiquais la semaine dernière, les profs deviennent corvéables à merci entre autres à propos des HS (au moins deux, voire plus !) qu’ils aient envie ou non d’en avoir. Et, bien sûr, de les faire de bonne grâce, en bons petits soldats avec, peut-être, un « garde-à-vous » ponctué d’un « oui chef ! » tonitruant indispensable en la circonstance.

Et pour la jupe, dans tout ça ? Comme chacun le sait certainement, pour adopter la posture du « garde-à-vous », signe d’obéissance et de soumission à l’autorité, on doit mettre « le petit doigt sur la couture du pantalon », et donc… en avoir un, de pantalon ! Du coup mon titre de ce billet d’humeur risque fort de se justifier !

23 septembre 2018
Heures sup. « Errare humanum est, perseverare diabolicum »

Nos ministres ne savent plus qu’inventer pour nous faire travailler plus, à moindres frais. Ségolène Royal, en son temps, avait envisagé d’imposer aux profs une présence de 35 heures dans leurs établissements afin qu’ils puissent sereinement corriger leurs copies et préparer leurs cours. Curieux, à une époque à laquelle on commençait à parler du télétravail… pour les autres ? Pas si curieux que ça car les chefs d’établissement auraient alors eu près d’eux une main d’œuvre corvéable à merci.
L’idée du corvéable à merci revient par un chemin de traverse, notre ministre actuel décidant d’imposer aux profs, deux heures supplémentaires là où il y en aurait besoin, entre autres à cause des suppressions de postes qu’il vient de décréter.

Il faut reconnaître qu’au niveau « com » il n’est pas mauvais notre ministre puisqu’il précise, à ce sujet, que les profs en question vont ainsi « gagner plus » ; d’autant plus qu’ils seront dispensés de charges salariales sur ces heures. Salariales oui, mais pas fiscales et… je rappelle, en passant, que les heures supplémentaires, contrairement à celles que les salariés font dans le privé (le vrai, pas celui sous contrat avec l’État), ne sont pas bonifiées et, qui plus est à partir d’un certain échelon, sont moins payées que les heures de base ! Un comble ! Alors, les économies, c’est tout particulièrement l’État qui les fait en supprimant des postes.

De plus, ces HS imposées ouvrent insidieusement la voie à pouvoir nous dire bientôt : comme pratiquement tout le monde fait deux heures supplémentaires, on va pérenniser la chose. Statutairement, les certifiés feront désormais 20h de présentiel devant élèves et les agrégés en feront 17 ! Et ceux qui veulent arrondir leurs fins de mois, pourront toujours faire de nouvelles heures supplémentaires…
« …Diabolicum »

15 septembre 2018
Quand l’Éducation Nationale pousse ses enseignants au suicide.

La « réforme » du bac, que nos élèves actuels de seconde vont être les premiers à subir, est dans la droite ligne de ce qui est mis en œuvre par petites touches depuis des décennies. Notre ministre, Michel Blanquer, ne fait qu’y apporter la touche finale. Il semble, d’ailleurs, en être tellement conscient qu’il n’a même pas pris la peine de faire en sorte que les nouveaux programmes du cycle lycée commencent en début de cette année scolaire pour les classes de seconde ; c’est tout dire !

Quoi de vraiment neuf
au sujet de la politique de l’Éducation Nationale ? Peu de choses surtout si l’on se reporte au témoignage d’un enseignant du lycée Antonin Artaud à Marseille, le 1er septembre 2013, avant de se suicider !
Son geste avait d’ailleurs occasionné la publication d’un communiqué de presse de la part du ministre de l’époque : Vincent Peillon, ému sur le papier par le suicide, mais pas par ses motivations.

Ces dernières sont toutes liées à l’institution Éducation Nationale et à ses syndicats qui feignent d’ignorer le degré de déliquescence de l’enseignement en France. Je vous invite à les lire dans le texte joint à ce billet d’humeur.

J’ai la conviction qu’à l’heure actuelles plusieurs syndicats ont pris conscience de ce problème persistant et j’espère que leurs actions éviteront de nouveaux drames.

9 septembre 2018
Tests de positionnement en sixième et seconde.
Des luxembourgeois au secours du MEN ?

J’espère que depuis la semaine dernière, les professeurs de 6ème et de seconde, ainsi que les autres d’ailleurs, se sont tous précipités sur les exemples des tests de positionnement des élèves de ces deux classes.

J’ai été particulièrement impressionnée
par le niveau des tests de maths en direction des élèves de seconde.

Exemple :
« Hugo a voulu calculer 1 379 + 562 à la calculatrice, mais il a tapé par erreur : 1 379 + 552. Que doit-il faire pour corriger son erreur sans taper à nouveau tout le calcul ? Ajouter 10. Ajouter 100. Soustraire 10. Soustraire 100 »

Souhaitez-vous lire un autre exemple ?
« Si un nombre entier est divisible par 5, alors ce nombre est divisible par 10. Vrai ? Faux ? »

En voici un petit dernier, pour les incrédules :
« On considère le programme de calcul suivant : Choisir un nombre. Multiplier ce nombre par 3. Soustraire 7 du résultat obtenu.
On applique ce programme de calcul au nombre 4 : On multiplie 4 par 3. On obtient 12. On soustrait 7 de 12. On obtient 5.
On appelle a le nombre choisi au départ. Quelle formule permet d'obtenir le nombre d'arrivée ? a−7×3 ; a×3−7 ; (a−7)×3 ; (a+3)×(−7)
»

Si le ministère veut imiter Pisa, mais à la sauce franco-française, il est urgent qu’il revoie sa copie en complexifiant un peu ses questions. S’il espère obtenir de bons résultats afin de faire cocorico dans les médias, souhaitons que les bonnes réponses de ces élèves soient au rendez-vous !
En revanche, si les résultats étaient mauvais, d’avance je compatis avec leurs professeurs qui auront de quoi être bien démoralisés.

Quoiqu’il en soit, côté purement informatique, apparemment aucun organisme français n’a été en capacité de réaliser les logiciels de test puisque le ministère s’est tourné vers la société OAT, luxembourgeoise ou tout au moins basée au Luxembourg (paraît-il paradis fiscal) pour leurs réalisations. Mais c’est une autre histoire…

2 septembre 2018
Pédagogie rectorale en musique, à Créteil

Le 27 août il y avait « accueil des enseignants fonctionnaires stagiaires de l'Académie de Créteil par M. Le Recteur et la Chorale des élèves du collège Clément Guyard de Créteil. » L’événement était publié sur la page twitter académique. Je vous suggère
de la visiter… et d'en lire les commentaires car, pour ma part, l’ensemble vaut le déplacement !

Les stagiaires ont été « invités » à chanter en chœur, après un petit entraînement à une gestuelle allant avec les notes (voir le court extrait vidéo en ligne). D’après la vidéo, tous y ont participé avec entrain, mais peut-être avec regret selon les commentaires. Il faut dire que les récalcitrants à cette mascarade digne des comportements sectaires n’auraient pas été bien vus par une administration tenant les sésames de titularisation entre ses mains !

Un chant repris en chœur, ça crée une nouvelle dynamique entre les individus y participant. Ils ont l’impression de ne faire plus qu’un autour du chef. Il se produit alors, comme je l’ai lu dans un livre parlant des « années 30 » dans les classes d’un pays dont je tairai le nom, une sorte de prise de conscience « qu’il y a des guides et des guidés, des commandants et des commandés, l’élite et le commun. ». Mais j’ose croire que cet objectif dépasse les aspirations du Recteur !

26 août 2018
Téléphones portables… encore !

Je vous en ai déjà parlé dans mon billet d’humeur du 5 août dernier mais, comme la rentrée des classes approche à grands pas, vous allez certainement être très vite confrontés au problème épineux des téléphones en classes. De plus, vous avez été nombreux à commenter dans tous les sens mon billet malgré les vacances. Donc, j’insiste !

Les tendances des commentaires peuvent se résumer par deux petits textes :
Luc : « Problème d’interdire les téléphones en classe ? Bon courage ! En prison ils n'arrivent pas à les éradiquer ! » Or, en prison, le problème est autrement plus sensible qu’en classe avec les pilotages de trafics en tous genres effectués depuis les cellules. Alors, si une solution simple existait, il est à supposer que l’un au moins des gouvernements successifs que nous avons eu depuis l’apparition des portables l’aurait mise en œuvre. Aucune solution ne semble donc évidente dans ce domaine.

Jean-Louis : « Une règle est décidée dans un lieu et un cadre donné. La règle est enfreinte. Cela donne lieu à des conséquences. Qui est fautif ? Celui qui enfreint la règle ou celui qui a la charge de la faire respecter ? À mon sens, le fautif (en l’occurrence l’élève utilisant un portable alors que c’est interdit) doit assumer. »

Certes ; et le seul moyen que l’élève ne récidive pas serait que la sanction soit dissuasive à ses yeux. La confiscation est incontestablement dissuasive. Mais, comme je l’ai noté dans mon billet du 5 août, le prof ou le surveillant ou le directeur qui le confisque peut risquer gros en terme judiciaire si l’enfant, privé de son téléphone sur le chemin du retour chez lui, était l’objet d’une agression ou d’un malaise, ou je ne sais quoi d’autre qui aurait pu être minimisé s’il avait été en possession de son téléphone.

La « punition » doit donc être, mais d’une autre nature que la confiscation. Alors, comme le dit Luc à ceux qui participeront à la rédaction du règlement intérieur : « Bon courage ».

19 août 2018
Classement de Shanghaï des universités : France toujours aussi mauvaise !

Le 14 août nous avons pu nous lamenter devant la dernière édition du palmarès des « meilleures » universités mondiales, palmarès dans lequel la France est loin de briller, comme les années précédentes d’ailleurs.

Si l’on analyse les commentaires français
relatifs au pourquoi de la chose, on constate, grosso modo, qu’ils sont quasi unanimes : les critères de classement sont pipés et favorisent les universités anglo-saxonnes au détriment de celles de l’Hexagone. Soit !

Le Monde rappelle d’ailleurs qu’en 2010, Valérie Pécresse, alors ministre de l’enseignement supérieur, s’était même rendue à Shanghaï pour aller pleurnicher en plaidant la cause des établissements français !

Moi, lorsque des critères de sélection sur des sujets aussi importants ne me satisfont pas, je le fais savoir et, surtout, j’en définis d’autres, arguments à l’appui bien sûr, et établis le classement qui en découle. Donc, depuis toutes ces années que la France traîne ce parait-il handicap anglo-saxon de Shanghaï, qu’ont donc fait tous nos ministres successifs de l’enseignement supérieur au lieu de se lamenter et d’accuser les autres ? J’ai du mal à croire qu’ils n’aient pas cherché à établir « leurs » palmarès, sauf à être de grands irresponsables.

Comme je ne vois toujours ni la publication de ces nouveaux critères ni la parution d’aucun autre classement, force est de penser que, s’ils ont fait travailler leurs services en ce sens, les résultats relatifs à la France ne se sont pas trouvés améliorés et ont donc pris rapidement le chemin des corbeilles à papiers ministérielles !

12 août 2018
La France devient-elle de plus en plus violente ?

Cette semaine, dans sa lettre d’informations économiques et sociales, la CFE-CGC attire notre attention sur le contenu de l’entretien accordé par plusieurs secrétaires généraux nationaux et régionaux du syndicat de police Alliance (CFE-CGC), à l’agence de presse internationale sputnik.

Suite à cet entretien,
le 8 août dernier, dans un de ses multimédia, cette agence vient de publier un dossier intitulé : « Coups de couteau, viols et rixes mortelles, en France, c’est l’été meurtrier »

Voici de cours extraits des déclarations de ces policiers :

« Si l'on prend seulement juillet et début août en référence, il est vrai que l'on assiste à une vague de violence avec des événements extrêmement graves. Mais je pense que cette augmentation de la violence s'inscrit dans un cadre plus large. La France devient de plus en plus violente. »

« Aujourd'hui, en France, on peut mourir pour un regard de travers »

« La rixe va démarrer sur un motif futile : un regard, une bousculade. Très vite, ça peut déraper. L'un va sortir un couteau… »

« Ce sont des groupes qui tombent sur un individu et qui lui demandent s'il a du feu, de l'argent, une cigarette et, quel que soit le résultat, ils peuvent finir par le rouer de coups (…) C'est un peu comme les casseurs que l'on voit dans les manifs qui, quand vous les prenez seuls, sont monsieur tout le monde. Puis une fois en groupe, dans un contexte particulier, ils sont capables de totalement se déchaîner. »


On peut espérer qu’avec la rentrée des classes cette violence estivale, croissante aux dires de ces policiers, s’estompera quelque peu ! Cependant, quoi qu’il en soit, dans nos classes soyons lucides et faisons preuve de pédagogie (ce à quoi l’Éducation Nationale s’intéresse le moins pour ses futurs profs, présupposant que la pédagogie serait innée !), c’est-à-dire sans esprit bisounours ni agressivité inutile. Soyons juste conscients de la réalité des choses, pour la sérénité de tous.

5 août 2018
Conséquences de la confiscation des téléphones portables !

Avez-vous lu le texte de loi définitivement voté par le Parlement, le 30 juillet dernier, à propos de l’interdiction du portable à l’école ?

À son sujet, le journal Internet LeMonde.fr du 1er août fait la remarque suivante :
« Avant, la loi l’autorisait sauf exceptions ; désormais, elle l’interdit par principe, tout en ajoutant des dérogations. » Puis il fustige les oppositions de droite et de gauche ainsi que les nombreux réseaux sociaux accusant cette loi d’être inutile. Dont acte, pour la prise de position du Monde. J’aurais préféré qu’il s’intéresse à l’article L511-5 de cette loi plutôt que de faire, semble-t-il, de la politique politicienne ; mais c’est son problème !

J’en viens donc à ce point phare de l’article L511-5 : « La méconnaissance des règles fixées en application du présent article peut entraîner la confiscation de l’appareil par un personnel de direction, d’enseignement, d’éducation ou de surveillance. Le règlement intérieur fixe les modalités de sa confiscation et de sa restitution. »

Mieux vaudra ne pas être de ceux qui rédigeront ce point du règlement intérieur, même avec l’aide d’un éventuel vade-mecum gouvernemental, car un portable est plus qu’un appareil de jeu et de divertissement et nombre de parents en équipent leurs enfants afin de pouvoir rester en contact avec eux.

Puis, je souhaite tout particulièrement bonne chance au personnel de direction, d’enseignement, etc. qui confisquera le téléphone en s’appuyant sur ce fameux règlement intérieur. Que se passera-t-il pour lui si, au moment de la restitution de l’appareil, ce dernier était en panne ? Et, surtout, quelles conséquences éventuellement judiciaires encourra-t-il par suite d’accident, d’agression, de malaise, de fugue… de l’enfant privé de son téléphone sur le chemin de son retour chez lui ?

29 juillet 2018
Bac 2021. Contrôle continu et enseignement privé hors contrat.

Cette semaine, je ne vais pas vous dire ce que je pense de la réforme du Bac avec un contrôle continu, en classes de première et de terminale, comptant pour 40% de la note finale. D’autres s’en sont chargés et sont loin d’apprécier les tripatouillages en tous genres rendus potentiellement possibles dans certains établissements publics et privés sous contrat.

Non, je vais vous parler
de ce qu’induit une telle nouveauté pour les élèves de l’enseignement privé hors contrat. Eux, en fin de terminale, en plus des épreuves finales « normales » communes à tout candidat, ils devront « subir » (terme employé par l’arrêté paru au BO du 19 juillet 2018) « une épreuve ponctuelle pour chaque enseignement faisant l'objet du contrôle continu ». Il s’agit pour eux aussi d’un ensemble d’épreuves comptant pour 40% de leur note finale mais qui portera sur un programme de 2 ans et non sur un trimestre comme pour chacune de celles de leurs camarades du public ou assimilé. En d’autres termes, les élèves du privé hors contrat devront être plus performants que les autres.

C’est avec ce genre de mesquineries imposées depuis peu au hors contrat (mise en place d’un contrôle continu que leurs élèves n’auront pas la possibilité de passer, inspections académiques de leurs enseignants décrétées par la ministre de l’Éducation Nationale de Français Hollande et obligations de détenir certains diplômes précis par leurs enseignants), que l’on peut mesurer à quel point ce type d’enseignement doit gêner l’enseignement public français. À moins que ce dernier, en fait et sans l’avouer officiellement, ne travaille en sous-main pour encore plus améliorer les performances des élèves de l’enseignement privé hors contrat dont M. Blanquer, lui-même, a loué les méthodes de travail.

22 juillet 2018
Horaires en classe de seconde. Enfin des infos officielles mais… curieuses !

Je suppose que vous vous êtes tous précipités sur le BO n°29 du 19 juillet 2018 dans lequel figure un grand nombre d’arrêtés relatifs au bac 2021 et à l’organisation de la nouvelle classe de seconde. Enfin, vous êtes-vous certainement dit ! Le seul « petit » problème...
est que les élèves passant leur Bac 2021 vont entrer en seconde en septembre 2018 et que l’arrêté concernant l’organisation de la nouvelle seconde ne s’appliquera qu’à la rentrée 2019 ! Que va-t-il donc se passer pour ces élèves, en fin de seconde, lorsqu’ils vont se retrouver en première nouvelle mouture sans avoir suivi le cursus censé les y préparer ?

Bof ! Notre ministre n’allait tout de même pas reculer d’un an son génial nouveau Bac pour lequel, vu le poids du contrôle continu, les résultats attendus devraient frôler les 100%, voire les 110% peuvent espérer les non-familiarisés avec les pourcentages ! Il n’allait donc pas le reculer d’une année au risque de se priver d’un atout électoral annoncé car, ne l’oublions pas, les élections présidentielles seront début 2022 ! Alors, ne nous inquiétons pas pour les notes des élèves de la seconde 2018, difficultés ou pas lorsqu’ils entreront en première, ils seront certainement chouchoutés à leur arrivée au niveau Bac.

Espérons, pour leurs enseignants souhaitant noter « normalement », que jusqu’au Bac 2021 il ne circulera pas, dans les lycées, des escouades « d’officieux-officiels » qui, brassard au bras, les « inviteront » à noter avec largesse !

15 juillet 2018
Petite répétition locale pour le nouveau Bac 2021 ?

Les médias classiques, contrôlés qu’ils sont, ont quasiment passé sous silence un dysfonctionnement important qui s’est produit dans l’académie de Lille, à propos du Bac S. Dans certains centres d’examens, les candidats se sont vu interdire l’utilisation de leur calculette alors même qu’elle était explicitement autorisée. Bien que ce problème soit d’importance, il n’est rien comparé à celui relatif à la suite qu’en a donné la rectrice de Lille.
En effet, elle aurait pu faire recomposer les élèves comme ce fut le cas dans d’autres académies où le même problème s’est malheureusement produit, d’après le SNALC, mais elle a préféré appliquer une autre méthode : « en tenir compte lors de la correction des copies ». Soit ! Mais… d’après le SNES-FSU, lorsque les membres du jury se sont réunis, quelques jours plus tard, ils ont constaté que les notes de ces élèves avaient été relevées sans consultation des correcteurs. Le rectorat, de son propre chef, avait largement relevé les notes. Du coup les correcteurs et les membres du jury protestent.

Et c’est là que la rectrice, au cours d’une conférence de presse, se déclare « informée d’un possible dysfonctionnement » et décide de reconvoquer les jurys afin qu’ils consultent les bulletins des élèves et mettent, à ces derniers, la note qu’ils jugent adaptée.

Mais où la rectrice fait encore plus fort, c’est lorsqu’elle déclare enfin : « Il peut y avoir des modifications à l’issue des délibérations mais on peut rassurer les candidats et leurs parents : je n’ai que peu de doutes sur le fait que tout convergera de la même manière ». Ce fut d’ailleurs le cas ; il était moralement indécent d’annoncer à certains élèves qu’ils n’étaient plus reçus au Bac !

Ne vient-on pas d’assister à une répétition locale de ce que sera le nouveau Bac 2021, lorsque les jurys et les recteurs seront dans le même état d’esprit qu’à l’heure actuelle et, qu’en plus, au total des notes des correcteurs, viendra se greffer, pour 40%, la note d’un « contrôle continu » incontrôlable ?

8 juillet 2018
« Des vétilles », selon Napoléon et Édouard Philippe

Avez-vous constaté que les campagnes officielles gouvernementales de sensibilisation des conducteurs à la limitation de vitesse, les ministres dans leur ensemble, et pratiquement tous les journalistes, nous parlent à tort et à travers de « 80 kilomètres heure » à la place de « 80 kilomètres par heure » ou de « 80 kilomètres à l’heure » ?
Ici, je vais chercher la petite bête, m’objecterez-vous, alors qu’il y a bien plus important ailleurs !
Ce n’est pas une raison pour ne pas savoir lire et en faire la propagande en traduisant oralement « km/h » par « kilomètre heure », à moins de le faire exprès.
Notre Gouvernement ne pourrait-il pas chercher à limiter les erreurs de langage en même temps que la vitesse ? D’autant plus que, dans ce cas précis, cette erreur de langage peut avoir des conséquences sur nos jeunes qui peut-être feront partie, une fois de plus, des mauvais élèves en sciences dans les enquêtes internationales.

On se comprend… jusqu’à ce que l’on ne se comprenne plus !
Exemple
Pour un conducteur, avec 160 kilomètres et 2 heures, combien obtenez-vous de « kilomètre heure », ceux dont parle le Gouvernement, bien sûr ? 80 ? Parfait.
Maintenant, sur une facture d’électricité on peut y lire des « kilowatt heure » (grande analogie apparente avec notre propos « oral »). Avec 160 kW et 2 heures, combien obtenez-vous de « kilowatt heure », les vrais, ceux de la consommation ? 80 ? Malheureusement non ; on en obtient 320 !

Concernant le « peuple » Edouard Philippe a-t-il la même conception que Napoléon en matière de systèmes d’unités ? En effet, Napoléon Ier n’en était pas fan et en 1812 il supprima ce que la Révolution avait instauré dans ce domaine. Puis il écrivit, plus tard, « […] ces dénominations, qui pouvaient être utiles pour les savants, n'étaient pas bonnes pour le peuple […] C'est tourmenter le peuple pour des vétilles !!! »

Allez faire comprendre à l’élève lambda que ce ne sont pas des vétilles et qu’il ne doit pas écouter ce que le Gouvernement et tous les médias lui disent… bonne chance à vous !

1er juillet 2018
Fables de La Fontaine : quel gâchis !

Au cours de ce mois de juin, Jean-Michel Blanquer a offert (disons plutôt nos impôts ont offert) un livre recueil de plusieurs fables de La Fontaine, aux élèves de CM2.

Ce n’est pas la première fois que notre ministre se livre à un tel cadeau à l’adresse des élèves du primaire car il aime bien La Fontaine. Soit ! La fable qu’il doit en ce moment relire avec jubilation
est sans doute celle dont le titre est « Les Grenouilles qui demandent un Roi ». Vous souvenez-vous de ces grenouilles qui, lassées de la démocratie, demande un roi à Jupiter ? Elles l’obtiennent, protestent de sa passivité et héritent finalement d’un roi réformateur : une grue qui les bouffe toutes !

Moi aussi, j’aime bien cet auteur, même pour le mettre entre les mains de jeunes élèves, mais à condition de pouvoir expliquer aux enfants chaque mot, chaque tournure de phrase, chaque élément de « morale » ... Or, que fait notre ministre ? Il donne le livre en fin d’année scolaire, pour la période estivale, en tant que « livre de vacances » en leur disant donc : dé....brouille-toi avec !
Là, son attitude pose problème car, que vont réellement comprendre nos jeunes têtes de pré-collège livrées à elles-mêmes, si tant est qu’elles réussissent à lire plusieurs pages du livre ? Quel gâchis !
Cette distribution de fin d’année conforte mon opinion concernant le manque de pédagogie de notre ministre qui assimile la pédagogie à de la « com’ »

24 juin 2018
« La charrue avant les bœufs » ! Mais qui sont les bœufs ?

Si vous avez la « malchance » d’enseigner en seconde, devant les gesticulations gouvernementales vous avez actuellement deux solutions : vous énerver et passer des vacances angoissantes ou rester « zen » en vous disant que, vu le flou non artistique de ce qui vous attend dès septembre prochain, vous aurez alors tout loisir d’aviser avec vos collègues et de prendre vos classes comme elles viendront. C’est bien évidemment la deuxième solution que je vous conseille d’adopter si vous ne tenez pas à chercher une explication aux élucubrations de votre ministre.

On lui a demandé de réformer,
il réforme ! On a peut-être juste oublié de lui préciser que ce soit avec méthode ou on ne lui a pas donné la bonne méthode ! Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, alors que les proviseurs sont en pleine préparation des emplois du temps, il édicte des fiches « test de positionnement de début de seconde », « Mise en œuvre de l’accompagnement au choix de l’orientation en classe de seconde générale et technologique - Rentrée 2018 », des notes disant que les élèves vont « bénéficier d’un temps de 54 heures sur l’orientation », sans que l’on sache qui fera quoi et avec quels horaires. Le ministre ne doit pas le savoir lui-même puisqu’il a écrit « Afin de permettre aux équipes de s’organiser, ce temps commencera après les vacances de la Toussaint » ! C’est tout un programme, ou une absence de programme.

Finalement, dans cette réforme prise à l’envers, je vois à peu près où est la charrue : emplois du temps aux contours imprécis mais à établir tout de même, cours à préparer sans finalité claire avant la Toussaint ; mais qui sont les bœufs ? les proviseurs, qui doivent gérer le tout avec, en plus, des heures à dégager à moyens constants, ou les profs principaux qui auront tout (mais quel tout) à encadrer sans cadre, ou les profs qui ne connaissent toujours pas ce qu’ils auront à faire ?

17 juin 2018
Une réforme « com » de plus du Gouvernement.

Et une réforme de plus que notre Président pourra ajouter à son palmarès de bilan de quinquennat. Quoique… vue la pertinence de ce qui vient d’être voté jeudi dernier, par notre Assemblée Nationale, peut-être sera-t-il bon de ne pas en faire état le moment venu !

Chacun de nos élèves, à partir de la 4ème,
va donc pouvoir se choisir une journée de classe afin de la remplacer par un stage d’observation en entreprise. Hormis le fait que j’ai la vague intuition que cette journée sera généralement prise le vendredi ou le lundi, ou le jour le plus chargé de cours, à quoi va-t-elle réellement servir ?

Est-ce pour donner à nos élèves une vision éclairée du monde du travail et des choix futurs qui s’offriront à eux, en leur faisant côtoyer annuellement un seul malheureux type d’emploi parmi la multitude de ceux existant (encore) ? En tous cas, il est évident que cette mesure sans intérêt pertinent pour l’orientation des élèves, devrait empoisonner la vie des professeurs principaux, certainement mis à contribution pour gérer ces stages individuels. Et que dire des responsabilités civiles et pénales prises par les chefs d’établissement devant donner leur accord pour les autorisations de sortie individuelles de leurs élèves ?

Une solution, que j’ai déjà proposée en vain, serait de faire venir régulièrement des représentants de branches de métiers dans les établissements scolaires. Profitant d’une heure de permanence des élèves, ils leur feraient une présentation de leur vie professionnelle au quotidien, avec documents et vidéos à l’appui. Là, sans perturber qui et quoi que ce soit, ils susciteraient chez les élèves si ce n’est de l’intérêt, au moins des questionnements sur des métiers qu’ils ignorent ou méconnaissent.

Mais peut-être vaut-il mieux ne pas illusionner trop tôt nos élèves, vue l’absence chronique de travail qui risque de les guetter, et leur proposer, en attendant, une journée de sortie touristique et ludique par année scolaire !

10 juin 2018
Il y a académie et… académie !

Une enseignante, reçue au CAPES en 2016, venait à peine d’achever son année de stage à Paris lorsque son inspecteur, jugeant ses performances mal compatibles avec celles attendues de la part d’une professeure souhaitant être titularisée, lui signifie qu’il lui donnera tout de même une deuxième chance à saisir avant fin 2017.
Le premier trimestre de la nouvelle année scolaire étant presque achevé, l’inspecteur vient donc de nouveau inspecter ladite enseignante, dans sa classe.

N’ayant semble-t-il pas changé d’avis à propos de ses non-performances, pédagogiques ou autres, il lui demande alors de continuer à enseigner jusqu’à réception de son arrêté de non-titularisation. L’enseignante attend donc le fameux document tout en assurant ses cours, mais avec moins d’entrain qu’auparavant, comme on peut s’en douter.

Pourquoi, dès décembre 2017, l’inspecteur n’a-t-il pas mis fin à son stage jugé décidément non-concluant ? C’est que la pénurie d’enseignants est bien connue et que, semble-t-il comme l’avait indiquée en substance une précédente ministre de l’Éducation nationale : devant les élèves, mieux vaut avoir un enseignant mal-compétent que pas d’enseignant du tout ! Dont acte ! Mais…

Lorsque la devenue non-titularisable reçoit enfin son document officiel de non-titularisation, au cours de sa visite au Rectorat de Paris on lui conseille, car le personnel de l’Éducation nationale est tout de même très attentif au suivi de ses enseignants, même ex, de ne pas perdre tout espoir à propos de son avenir dans la Fonction Publique et d’aller vite se faire embaucher… comme enseignante… dans l’académie de Créteil ou de Versailles !!!

Sans commentaire !

3 juin 2018
Cour des comptes : dégradation de l’Éducation Nationale !

Nos élèves risquent fort de ne pas remonter, avant longtemps, dans les rangs des tests internationaux de type Pisa. La Cour des comptes vient, en effet, de rendre publique une étude intitulée : « LE RECOURS CROISSANT AUX PERSONNELS CONTRACTUELS » effectué par les académies.

Cette étude montre clairement que,
par mesure d’économies et à cause de la démotivation croissante des éventuels futurs enseignants, de plus en plus de contractuels sont embauchés à la place des titulaires, en application, entre autres, du Décret n°2016-1171 du 29 août 2016.

Que dit l’Article 2 de ce décret ? Que des agents contractuels peuvent être recrutés pour exercer des fonctions d'enseignement « parmi les candidats remplissant les conditions de diplôme définies par les statuts particuliers des corps de fonctionnaires exerçant ces fonctions pour pouvoir se présenter aux concours internes de recrutement desdits corps. » […]
« Toutefois, pour le premier degré et pour le second degré dans les disciplines d'enseignement général ou technologique, en l'absence de candidats justifiant des conditions de diplôme fixées [ci-dessus], les agents contractuels exerçant des fonctions d'enseignement peuvent être recrutés à titre exceptionnel parmi les candidats justifiant d'un titre ou d'un diplôme sanctionnant au moins deux années d'études après le baccalauréat ou ayant validé une deuxième année de licence. »

Et c’est ainsi qu’avec son « toutefois » et son « exceptionnel » le décret ouvre la porte (déjà grandement entr’ouverte avant lui) à un recrutement pouvant parfois laisser à désirer. J’avais déjà évoqué ce « problème », dans mon billet d’humeur du 6 novembre 2016, rappelant un reportage de l’émission « Envoyé spécial » passé sur France 2 et intitulé :« Ma vie de prof. Comment l'Éducation nationale recrute-t-elle ? » Quelle honte, pour notre ministre de l’époque ! Eh bien, les choses semblent ne pas avoir changé avec notre ministre actuel !

Constat, ces temps-ci, de la Cour des comptes, à propos de leur formation :

« Le ministère ne dispose pas de bilan précis car les formations sont pilotées par les académies et financées sur des crédits d’intervention. Pour autant, le ministère qui n’a qu’une vision lointaine de la mise en œuvre, ne diligente pas d’enquête sur cette question. Les informations recueillies par la Cour semblent indiquer que l’effort de formation des contractuels, qui reste en deçà des obligations règlementaires, ne répond pas aux besoins de ces agents. » Traduction : déjà qu’ils sont recrutés à un niveau inférieur à celui des titulaires, ils sont mal formés. Excellent pour nos élèves, n’est-ce pas ?

Réformateurs dans l’âme, ou par principe, comment le Gouvernement actuel peut-il laisser se dégrader ainsi l’Éducation Nationale en continuant d’appliquer ce décret de 2016 ?

Mais, comme je connais d’excellents enseignants contractuels, ce sont peut-être les niveaux des concours qui seraient à revoir !

27 mai 2018
Parcoursup : attention, les « Pokémons » sont de retour !

Souvenez-vous du « cirque » produit il y a peu d’années par ces Pokémons que certains élèves chassaient dans leurs classes avec leur téléphone portable. La ministre de l’époque s’en était d’ailleurs émue et avant frappé un grand coup contre le producteur de ces bestioles virtuelles. Elle lui avait alors écrit en substance : je ne veux plus en voir dans mes établissements scolaires, sinon, sinon...
Mais voici que, pour rompre totalement avec les habitudes du temps jadis d’il y a près de deux ans, notre ministre actuel en veut bien, lui, des Pokémons. Aussi vient-il d’en créer des ersatz afin que nos élèves de terminale les cherchent activement et avec fébrilité… en cours.

Comme chacun le sait, les « résultats » de son « Parcoursup » sont loin de donner satisfaction à nombre de nos jeunes qui se retrouvent malgré eux en liste d’attente. Eh bien notre ministre fait actualiser, chaque matin, ces listes accessibles par tout un chacun ! Conséquence de ces incessants remaniements : en classe, pendant leurs derniers cours d’année scolaire et leurs révisions de bac, les élèves ne font que regarder avec insistance et espoir si leur nom et ceux de leurs copains et copines ne seraient pas en train d’avancer sur les listes postbac captées par leur téléphone portable ! Les Pokémons ont juste changé d’aspect !

Les « bonnes » réformes, Monsieur le Ministre, c’est comme tout, il ne suffit pas de les décréter, encore faut-il les préparer avec sérieux et compétence !

21 mai 2018
À quoi servent les examens nationaux ?

En cette période d’examens du brevet des collèges, des bacs, universitaires… je me demande à quoi servent réellement tous ces diplômes pour lesquels, en grand nombre, les citoyens osent avouer que le niveau baisse inexorablement au fil du temps.

Ascenseur social ?
Ce ne sont pas les malheureux petits bouts de papier des jurys qui le font fonctionner, cette ascenseur, mais la qualité de l’enseignement et de son appropriation par notre jeunesse. Et cette qualité est malheureusement entre les mains des politiciens de tous bords qui s’intéressent, semble-t-il, plus aux bulletins des urnes qu’aux bulletins scolaires. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils lancent de temps à autres des objectifs du type « 80% d’une tranche d’âge au niveau bac » ou « 60% de diplômés du supérieur » laissant croire à ceux qui se laissent facilement convaincre qu’ils font quelque chose pour l’école !

En ce qui concerne la recherche de travail, il existe de plus en plus de sociétés privées de recrutement avec vrais ou semblant de concours. Je propose de les encadrer afin que leurs méthodes et leurs résultats deviennent transparents pour tout un chacun. Internet le permet grandement.

Quant aux élèves, ainsi que leurs parents, ils ont besoin de repères tout au long de leur scolarité. Des contrôles réguliers, s’appuyant dans chaque discipline sur une centaine d’exercices types, connus et publiés sur Internet, devraient pouvoir baliser positivement leur chemin et remplacer avantageusement ces examens nationaux qui ne servent pas à grand-chose, à part leurrer une partie de nos concitoyens !

13 mai 2018
Galères judiciaires des « ni-ni » du privé sous contrat

Si vous êtes agent de l’État dans l’enseignement privé sous contrat, vous savez certainement que votre directeur, qui n’est pas, lui, un agent de l’État, est votre supérieur hiérarchique, mais… par délégation du rectorat et pas pour tout ce qui concerne vos classes.

S’il a bien en charge la réalisation des emplois du temps,
il ne peut par exemple pas décider de déroger à certaines règles de services, même avec votre accord. Et c’est vous qui risquez d’en supporter les conséquences. La preuve…

Dans un de ces établissements, le directeur a demandé à certains enseignants d’assurer plus d’heures de service pendant quelques mois dans leurs classes sous contrat, mais sans en avoir préalablement demandé l’accord au Rectorat. Ces heures n’ayant pas été payées en heures supplémentaires, les enseignants ont assigné leur établissement devant le Tribunal Administratif et c’est là que leur « parcours du combattant judiciaire » a commencé !

Ils ont été déboutés de leur demande, sous prétexte que les heures faites ne l’avaient pas été à la demande du rectorat.

De même qu’en cas de problèmes relatifs au paiement des heures de délégations pour les élus au CE ou pour les délégués syndicaux, ils se sont alors tournés vers le tribunal des Prud’hommes, puisque leur directeur, donneur d’ordre, était de droit privé.

Malheureusement le tribunal des Prud’hommes s’est déclaré incompétent, s’agissant de faits relatifs à des heures « Education nationale ». Ils ont alors fait appel, ont été déboutés, sont allés en cours de cassation qui a confirmé la décision de la cour d’appel.

Devant une telle situation ils se sont tournés vers le tribunal des conflits, dont le rôle est de statuer pour dire laquelle des 2 juridictions était compétente. La réponse a été claire et nette :il n’y a pas de conflit, le Tribunal Administratif ne s’étant pas déclaré incompétent puisqu’il a jugé… en déboutant.

Il ne restait plus, à ces enseignants, qu’à revenir à la case départ et faire appel de la décision du Tribunal Administratif. Dommage pour eux : le délai d’appel était dépassé !

Une fois de plus ils pourront dire merci à cette « fameuse » loi Censi de 2005 qui a fait, des enseignants du privé sous contrat, des « ni-ni », ni fonctionnaires, ni salariés de droit privé, et dont le statut est d’une telle complexité que de nombreux avocats et même de nombreux magistrats juridictionnels ont du mal à s’y retrouver !

6 mai 2018
Pédagogie et didactique. Notre ministre m’inquiète !

Comment peut-il prétendre diriger, orienter, conseiller ses enseignants alors qu’il montre de façon assez claire, dans ses quatre notes de service publiées au BO spécial du 26 avril dernier, qu’il confond, à dessein ou pas, pédagogie et didactique ?

Lorsque notre ministre
publie les documents relatifs à comment enseigner la grammaire, le vocabulaire, le calcul… ce sont des « recommandations » de didactique qu’il adresse à toute la hiérarchie de l’Éducation nationale et non des « recommandations » de pédagogie comme il le prétend !

La didactique s’attache à répondre aux questions essentielles suivantes :
-Quelles connaissances cherche-t-on à faire passer aux élèves ?
-Les élèves à qui elles s’adressent sont-ils en capacité de les intégrer ?
-Par quels processus d’apprentissage ont-ils des chances de les intégrer au mieux ?

A-t-il traité d’autres sujets que ceux dont je viens de parler ? Non ! A-t-il rappelé que le pédagogue, le prof, en s’appuyant sur un processus didactique choisi (en l’occurrence par le ministre), s’attache essentiellement à répondre aux éventuelles difficultés éprouvées par ses élèves en reformulant parfois avec leurs mots des phrases mal comprises, en étant attentif aux points de décrochage de certains, en décidant qu’à un instant donné un exercice de contrôle serait le bienvenu ? Non ! Donc il n’a traité que de la didactique !

Mais… comme par les temps qui courent le mot « pédagogie » est sans cesse utilisé à tort et à travers par tous nos médias, peut-être que notre ministre a cru bon de se contenter du créneau de la « com » et, par manque de pédagogie, n’a cité que le mot « pédagogie » … à contresens !

En conclusion momentanée, je dirai « merci Monsieur Blanquer » pour avoir balisé clairement les chemins didactiques à suivre. Cependant mon grand merci dépendra de la mise en place de deux formations essentielles pour les enseignants : l’une faisant en sorte qu’ils s’approprient vos quatre notes de services et l’autre leur explicitant les différences fondamentales existant entre didactique et pédagogie, différences que vous semblez avoir embrouillées à plaisir.

29 avril 2018
Les « recommandations » pour l’apprentissage de la lecture en Primaire

Par rapport au règne de ses prédécesseurs, sous le régime Macron il n’y a rien de nouveau dans le ciel de notre Éducation nationale où l’on assiste toujours au navrant lancement à la va-vite de réformes ! Il faut reconnaître, à la décharge des ministres
de l'Éducation nationale, qu’ils ont peu de temps devant eux pour mener à bien l’alchimie entre leur irrésistible envie de marquer l’Histoire, la tentation de faire de la démagogie en direction des électeurs et, accessoirement, le besoin de rendre moins ridicules nos élèves dans les tests internationaux. Donc, ils réforment le plus rapidement possible et… croisent les doigts.

Avec son épais guide de « recommandations » didactiques (et non pédagogiques comme certains l’affirment) que vient de sortir notre ministre Jean-Michel Blanquer, nous en sommes malheureusement toujours à traîner le même ancestral vice de forme : « recommandations » satisfaisantes ou pas sur le fond, les enseignants recevront peut-être une formation sur ce sujet... après la mise en application de la réforme.

Petite remarque en passant : en théorie, comme il ne s’agit que de recommandations, les enseignants n’ont pas obligation de les appliquer mais… ne nous leurrons pas ; de même que les recommandations de Bruxelles finissent par se traduire en Lois dans les pays de l’Europe, des inspecteurs zélés de l’Éducation se chargeront très vite de faire appliquer dans les classes le guide sur la lecture et l’écriture, même sans formations. Tout le monde sait qu’en France enseigner s’apprend sur « le tas » !

22 avril 2018
Incohérence gouvernementale ou… formatage des jeunes ?

Si j’ai bien compris le message gouvernemental, il faut ouvrir la SNCF à la concurrence pour que les usagers en obtiennent de meilleures prestations : trains à l’heure, trains moins chers, etc. Soit !

Mais alors je me demande pourquoi
nos gouvernants font, en parallèle, tout ce qu’ils peuvent faire pour mettre des bâtons dans les roues à l’enseignement privé indépendant avec qui la concurrence serait, là, source d’inquiétudes ! En effet, notre ministère de l’Éducation Nationale n’a-t-il pas décidé par exemple de contrôler si, dans l’enseignement privé indépendant, les programmes du public étaient bien appliqués, comme si ces derniers représentaient la quintessence de ce que nos jeunes devraient apprendre… surtout après les résultats plus que médiocres des petits français face aux tests internationaux !

Eh bien, je pense avoir trouvé confirmation de la réponse à cette interrogation dans le dernier rapport du CNESCO (Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire français, dont je vous ai parlé la semaine dernière).

Voici un extrait significatif de son chapitre sur l’analyse des grandes évolutions de l’enseignement de l’écriture au primaire :
« En 1882, les programmes de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson intègrent officiellement l’enseignement de la rédaction sur les sujets les plus simples et les mieux connus des enfants.
Le principe repose sur l’apprentissage des règles d’écriture. L’exercice doit rester simple et concret, proche des réalités quotidiennes des écoliers.
Exemple courant d’exercice de rédaction : Racontez une de vos veillées en famille. (…).
Ce type d’exercice contribue aussi à communiquer un idéal de société avec ses valeurs morales (ici, sur la famille) tout en participant à l’apprentissage de l’écriture et à la connaissance de la langue écrite et littéraire.
Les corrections des enseignants portent, d’ailleurs, autant sur la langue que sur la morale. »


Si depuis cette époque certaines méthodes ont changé, rien ne semble avoir modifié un principe de base : l’école est là pour formater les jeunes en fonction des attentes sociales et sociétales des gouvernements successifs. C’est sans doute l’une des raisons pour lesquelles, depuis quelques décennies, avec les inflexions à droite et à gauche de notre gouvernance, les réformes se succèdent à un rythme soutenu.

Voilà sans doute aussi pourquoi, en France, le ministère chargé de nos jeunes s’appelle ministère de l’éducation et non, par exemple comme en Italie : ministère de l’instruction. En Italie, on cherche à instruire, en France on cherche à éduquer ! Toute la différence est peut-être là !

15 avril 2018
La ligne rouge a été franchie.

Ce n’est pas moi qui l’affirme (je n’ai ni les compétences requises ni les moyens d’expertises pour me l’approprier), mais le CNESCO, Conseil National d’Évaluation du Système Scolaire français. Le CNESCO affirme donc, dans une récent dossier (mars 2018) auquel il a participé à l’élaboration, que : « La moitié des enseignants de CM2, seulement, sont formés à l’enseignement de la langue française. »

Il constate aussi
qu’en « CM1, les élèves français confirment leur difficulté à rédiger et se démarquent ainsi de leurs voisins européens. En effet, dans une enquête internationale [PIRLS], les élèves français sont parmi les plus nombreux à ne pas répondre aux questions ouvertes, particulièrement lorsque la réponse doit être longue » !

Et si vous espérez pousser un « ouf » de soulagement en pensant qu’ensuite tout rentre dans l’ordre, sachez que chez les profs de collège, seuls 67% des enseignants de français (je dis bien de français et non des autres disciplines dont il vaut mieux ne pas parler), seuls 67% des enseignants de français sont formés à l’enseignement de la langue !

Il va de soi, est-il encore souligné dans le dossier, que les difficultés à rédiger, et j’ajouterai personnellement à comprendre une question posée, se répercutent dans les autres matières ! Je soulignerai au passage l’humour noir par lequel les rédacteurs du dossier ont conclu que les élèves les plus en difficultés étaient donc « pénalisés en sciences par leurs difficultés à produire des textes écrits » ! Qui l’eut cru ! Et s’il n’y avait qu’en sciences !

Je vous invite à lire ce dossier intitulé « Écrire et rédiger. Comment guider les élèves dans leurs apprentissages ? » Vous constaterez ou serez conforté dans l’idée que pas mal d’entre vous se font déjà de notre Éducation Nationale : en matière d’enseignement, une ligne rouge a été franchie après de longues années de décadence en lecture, en maths, etc. Mais par qui a-t-elle été franchie ?

Certains, dans le dossier dont je viens de vous parler, accusent les profs qui ne seraient pas à la hauteur. Mais ne font-ils pas ce que les inspecteurs leur imposent de faire ?

Ce sont les politiques successives menées en France, par démagogie, laxisme, manque de moyens ou de volonté, ou je ne sais quoi d’autre, qui font que l’on ne pourra bientôt plus se passer des diplômés étrangers pour faire quoi que ce soit de valable, tous domaines confondus.

8 avril 2018
Autistes. Doit-on parler de réforme ? Et sur le dos de qui ?

Une fois de plus les enseignants sont montrés du doigt par les médias et l’opinion publique. Cette fois-ci, c’est sous prétexte que tous les enfants devraient être scolarisés dans les mêmes classes, qu’ils soient autistes ou non, et de s’appuyer sur un sondage montrant que seulement 18% des enseignants estimeraient que l’école dite « ordinaire » conviendrait aux autistes.
Il s’agit là d’une campagne de dénigrement indigne de ceux qui la mènent car, par des moyens détournés et insidieux, ils accusent la grande majorité des personnels enseignants de refuser une scolarité « normale » aux autistes.

Le problème est à chercher ailleurs ; du côté de la formation !
Je sais que la majorité des parents et de nos élus semble avoir pris la navrante habitude de considérer les enseignants comme des « transmetteurs de savoirs » doublés, de façon innée, de toute une panoplie de rôles allant de la nounou à l’assistant(e) social(e) en passant par la ou le psychologue de service.

Eh bien non ! travailler avec des autistes, même accompagnés d’AVS, ça s’apprend et, dans l’état actuel des choses, c’est-à-dire sans la moindre formation, je comprends les enseignants qui se reconnaissent inaptes à mener à bien une classe qui risque d’être à la longue ingérable. Ce fut d’ailleurs malheureusement le cas pour une enseignante de l’académie de Lyon, il y a quelques années, qui s’est retrouvée licenciée pour ce motif.

Mais heureusement que le gouvernement vient de prendre une décision à la mesure de l’enjeu : il va former un enseignant par département !

1 avril 2018
Parcoursup et PsyEN (ce n’est pas un poisson d’avril !)

Des élèves de terminale ont osé ne formuler qu’un seul vœu sur Parcoursup ! Du coup certains recteurs réagissent spontanément ou « invités » peut-être par le même « IL » ayant décidé, sans texte officiel légal, de passer outre une circulaire de 2015 et de reporter à 2019 l’emploi des calculettes à mode examen (voir mon billet d’humeur d’il y a 15 jours). Ces recteurs ont donc décidé de soumettre les réfractaires de Parcoursup à l’inquisition d’un PsyEN.
À ceux qui l’auraient déjà oublié, je rappelle que les PsyEN sont ces exceptionnels nouveaux membres de l’Éducation nationale, à la fois psychologues et conseillers d’orientation (car les deux casquettes vont bien évidemment de pair comme chacun le sait). Les PsyEN sont donc compétents pour sonder les désirs enfouis au plus profond de la conscience des réfractaires et les amener à faire des choix auxquels ils ne s’attendaient même pas.

Avec cette mesure l’Administration y retrouvera peut-être ses « petits », c’est tout au moins ce que doivent penser les recteurs en question : des élèves en panne d’idées seront mieux orientés que par le nouveau second professeur principal ; d’autres se verront imposer, à l’insu de leur plein gré, une filière délaissée réduisant ainsi les tentations de révoltes estudiantines amorcées l’an dernier ; etc.

Pour ma part, j’aurais tendance à penser que cette intervention des PsyEN, pourrait s’expliquer aussi par un besoin administratif inavoué de sonder une certaine catégorie d’élèves, de connaître les motivations précises de ceux n’ayant fait qu’un seul choix. Ce choix est-il celui de la future carrière à laquelle aspire le jeune, de toutes ses forces, ou est-ce un choix par défaut pour le cas où il ne serait pas pris dans l’un des établissements privés qu’il vise ?

Quoi qu’il en soit, nous le saurons un jour. Les indiscrétions des uns ou des autres finissent toujours par faire surface chaque fois qu’un dispositif fait montre d’une certaine opacité.

25 mars 2018
Francophonie ?

Cette semaine, notre président de la République semble être allé faire un numéro de charme devant les membres de l’Académie française afin de les brosser quelque peu dans le sens du poil.

Il a bien parlé, certes, même parfois avec un certain humour, mais…
les soi-disant bonnes intentions, les appels pathétiques aux francophones de l’Amérique du nord, de l’Afrique sub-saharienne, de l’Europe… ne sont rien face à la réalité des faits : que fait-il pour faire perdurer le français même en France ? Les exemples prouvant le contraire ne manquant pas !

Outre le fait qu’il s’ingénie à faire des discours en Anglais chaque fois qu’il se présente sur une scène internationale, je vous parie que, pour sa fameuse réforme du Bac, il va bientôt annoncer qu’une épreuve d’Anglais sera obligatoire. De plus il accepte que tous les textes européens soient rédigés en anglais (alors qu’une telle exigence européenne ne peut résulter que d’un accord unanime de ses 27 membres -donc de la France-), que des hauts fonctionnaires de l’Éducation nationale utilisent officiellement des termes anglais tels que MOOC et, par exemple encore, que des recteurs créent des «Lab School ».

Lorsque je verrai notre Président faire le ménage dans notre « maison », celle pour laquelle il dispose d’un pouvoir régalien pour le faire, alors je commencerai à croire à ses bonnes intentions affichées en matière de francophonie.

18 mars 2018
Notre ministre lirait-il mes billets d’humeur et en tiendrait-il compte ?
Examens 2018 et calculatrices.

Ce n’est pas la première fois que je dénonce un « problème » et qu’il se trouve solutionné quelques temps plus tard ! Si « on » me lit, c’est tant mieux et je ne peux que m’en réjouir !
Ce coup-ci, il s’agit de mon billet d’humeur du 31 décembre dernier dans lequel je critiquais l’interdiction d’utiliser les calculatrices « classiques » aux examens, et l’obligation faite à nos élèves d’acheter une nouvelle calculatrice possédant la fonction « mode examen ». Cette fonction, interdisant d’aller chercher des antisèches dans la mémoire de la machine, devait être contrôlée individuellement par les surveillants de salles, après qu’ils aient bien sûr assimilé le mode d’emploi de la calculette de chaque candidat !

Pour avoir publié une telle circulaire, il fallait avoir un esprit totalement déconnecté des réalités (esprit de certains hauts fonctionnaires sévissant dans les ministères ?) ou un esprit bassement mercantile car la contrainte a fait inutilement vendre énormément de calculatrices coûteuses pour les élèves.

D’ailleurs, à ce sujet, je conseille aux parents d’élèves de se regrouper afin d’envoyer leur facture au ministère de l’Éducation nationale.

Donc, pour en revenir au sujet central, le ministère a dû prendre conscience de l’absurdité de son système et, refusant tout de même d’abroger la circulaire n°2015-178, il vient de décider le report de son application à une date postérieure à 2018.

Espérons que, pour la suite, il comprendra que le problème n’est pas d’interdire les calculatrices classiques, même avec antisèches éventuelles, mais de faire en sorte que les sujets d’examens soient pensés autrement et que les questions fassent appel à la réflexion et à la logique dans le raisonnement scientifique.

Affaire à suivre et à suivre d’autant plus que je n’ai rien trouvé d’officiel au BO sur ce sujet. Circulaire ? Note de service ? Rien de tel ; les informations ont ruisselé via le site « éduscol », « la maison des examens » et certains inspecteurs avec la formule sibylline « Il a été décidé… ». Qui se cache donc derrière ce « il » faisant penser aux « fausses nouvelles » (en français dans le texte) que notre gouvernement s’est, parait-il, attaché à combattre ?

11 mars 2018
Parité femmes/hommes. Des progrès à faire sur les critères de nominations.

Hier j’ai entendu à la radio une émission ayant comme thème, bien sûr, la parité hommes/femmes, sujet de prédilection des médias de la semaine en cours. Maintenant, dès qu’il y a une femme ou un homme de « trop » dans une réunion, il y en a qui éprouvent le besoin de crier au scandale.
Et là, sur France-Info, une directrice de je ne sais quoi était en train « d’expliquer » pourquoi, dans l’émission des « informés de France-Info » il y avait très souvent plus d’hommes que de femmes invitées.

Tenez-vous bien car l’explication de cette directrice sexiste ou incompétente (avec un « ou » inclusif, ça va de soi) vaut son pesant d'or. Il paraitrait que l’émission traitant pendant une heure de sujets très variés, de nombreuses femmes, d’après elle, déclineraient l’invitation pour ne pas se sentir mal à l’aise sur certains dossiers qu’elles ne maîtriseraient pas !

Ce qui signifierait, pour cette directrice, que soit les femmes auraient une culture moins universelle que les hommes, soit les hommes, sans scrupules, se sentiraient omniscients !
Choisissez de quel côté penche le sexisme de cette directrice !
Pour ma part, je serais tentée de répondre par une expression qui reviendra bientôt à la mode, lorsque notre Macron national aura rétabli le service militaire : « Les deux mon général ! »

Mais peut-être que cette directrice n’a été nommée à ce poste qu’au nom de la parité !

4 mars 2018
Contrôle continu au Bac. Jean-Michel Blanquer semble jouer sur du velours.

En fait, notre ministre joue sur du velours dès lors qu’il s’agit (mais sans le crier sur les toits) de dévaloriser l’enseignement et les critères de délivrance des examens nationaux car la droite et la gauche classiques semblent être, depuis des lustres, contre l’enseignement aboutissant à une société de « penseurs logiques » ; la gauche c’est, pourrait-on dire, par démagogie pour donner l’impression aux foules qu’elle « favorise les classes défavorisées » et la droite ce peut être par inintérêt pour le peuple dont elle n’aurait que faire, à part de quelques « sachants » dont elle a besoin pour faire tourner son monde.
Donc, notre ministre profite de cet état d’esprit général pour faire des économies sur le dos des enseignants qui ne seront plus rémunérés pour les multiples corrections de copies supprimées en instaurant un bac à forte dose de contrôle continu ne lui coûtant rien. De plus, comme l’a dit Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN (syndicat des personnels de direction de l'Éducation Nationale), pour l'évaluation des élèves, avec ce contrôle continu, « on peut ainsi prendre en compte le contexte du lycéen et celui de son établissement ». C’est tout dire quant à la future fiabilité et valeur du Bac !

Rassurez-vous, si tant est que ce soit rassurant : le niveau du Bac (appelé Abitur en Allemagne) baisse parait-il aussi de façon catastrophique chez nos voisins germaniques. Dans quelques temps les bacheliers seront donc à quasi égalité des deux côtés du Rhin.

Pourquoi croyez-vous que notre ministre tire à boulets rouges sur l’enseignement indépendant et cherche par tous les moyens à le contrôler ? Pour formater encore plus nos enfants comme nos institutions officielles l’entendent. Ivan Illich (1926-2002), penseur allemand et critique de la société occidentale de consommation l’a écrit, dans une de ses œuvres : « L'école obligatoire, la scolarité prolongée, la course aux diplômes sont autant de faux progrès. Dévotions rituelles où la société de consommation se rend à elle-même son propre culte, où elle produit des élèves dociles prêts à obéir aux institutions, à consommer des programmes tous faits préparés par des autorités supposées compétentes. À tout cela il faut substituer une véritable éducation qui prépare à la vie dans la vie, qui donne le goût d'inventer et d'expérimenter. Il faut libérer la jeunesse de cette longue gestation scolaire qui la conforme au modèle officiel (...) Que les moyens d'acquérir ou de transmettre un savoir soient mis en commun et librement accessibles à tous. Plus de maîtres à la fois gardiens de l'ordre établi, prédicateurs et thérapeutes. Mais des échanges entre « égaux », des éducateurs indépendants ».

Bon, c’est peut-être un peu utopique mais, à mon sens, ça situe bien les causes de la réformite de nos différents ministres de l’Éducation Nationale.

25 février 2018
Quand cessera-t-on de prendre les « familles les plus modestes » pour des « cons-sommateurs » ?

Dans le prolongement de mon billet d’humeur du 5 février dernier, je tiens à insister avec vigueur sur ce point qui pour moi est primordial, bien au-delà des réformes du bac, du lycée et de l’entrée en universités : ne pas savoir bien s’exprimer n’est pas synonyme d’être le « con-sommateur » de service à qui l’on ne devrait que donner un enseignement au rabais !
Or, c’est bien ce qu’ont préconisé nos deux éminentes députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps dans leur communication du 31 janvier dernier sur les relations école-parents, communication dans laquelle elles regrettent l’existence d’un « un éloignement sociologique croissant entre le personnel enseignant et les familles les plus modestes ». Elles semblent être des adeptes inconditionnelles de la pseudo-langue infligée par certains parents à leurs enfants sous prétexte qu’ils ne maitrisent pas encore les finesses du parler commun : « où t’as bobo ? Tu veux encore du cracra ? » et j’en passe…

Le problème essentiel de nos enseignants n’est pas lié à un « éloignement sociologique » mais à une absence d’apprentissage de la pédagogie ! Où la leur apprend-on sérieusement lorsqu’on entend, depuis des dizaines et des dizaines d’années, nos « spécialistes » de l’Éducation Nationale nous seriner que l’on « apprend à enseigner en enseignant » ? On s’améliore certes en enseignant, mais on n’apprend pas !

C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles notre syndicat SYNEP CFE-CGC, avec la branche de l’enseignement privé indépendant, vient de mettre au point un certificat de compétence pédagogique accessible à tous.

18 février 2018
Réforme du bac et du lycée

Je n’avais pas envie d’en parler encore à titre personnel mais… je n’ai pas pu résister depuis que j’ai entendu, à la télévision, nombre de LREM se gargariser du fait que leur saint-patron venait de faire, une fois de plus, ce qu’il avait promis de faire pendant sa campagne électorale.
Il y a un an, le candidat Macron avait en effet promis de réformer la France. Et alors ? Est-ce dire que, désormais, tout ce qui sera qualifié de réforme sera à louer et à bénir ? Il est vrai qu’il n’avait pas promis de faire de « bonnes » réformes ! D’ailleurs, bonnes pour qui ? car Gouvernement n’est pas toujours synonyme de majorité des français.

En ce qui concerne la réforme du lycée, elle sera sans doute bonne pour la cote de popularité du Gouvernement car, coup de chance extraordinaire, on verra ses premiers effets au bac de 2021, à quelques mois des nouvelles élections présidentielles. Et à cette époque, je parie que le taux de réussite des lycéens sera extraordinairement élevé ! Comment pourrait-il en être autrement avec le pseudo contrôle continu « national » et le pseudo anonymat des copies alors que les établissements noteront leurs propres élèves ?

Imaginez les pressions exercées par l’Administration sur les profs avec, entre autres, leur avancement « au mérite » de n’avoir pas mis de mauvaises notes ! Et si ces derniers osent se rebiffer, on leur fera sans doute comprendre qu’ils sont effectivement mauvais pour n’avoir pas su assimiler les nouveaux programmes !

Quoiqu’il en soit, il parait que cette réforme mènera les élèves de terminale à maturité !

11 février 2018
Quelques « y-a-qu’à » « faut qu’on » de plus !

J’avais déjà abordé le sujet dans mon billet d’humeur du 17 septembre 2017, mais c’était à propos de la dispute entre responsables de l’ancien et du nouveau régime voulant (horreur) modifier les programmes scolaires tout juste mis en place. Cette fois-ci, seuls les nouveaux dirigeants du Conseil Supérieur des Programmes s’expriment sur l’Éduscol du 5 février 2018 consacré au primaire et à l’EMI (Éducation aux Médias et à l’Information). Qu’en ressort-il ?
Malgré leur verbiage prolixe ils restent dans la droite ligne de leurs prédécesseurs, à savoir égrener une litanie de « en Géographie faut qu’on », « en Français faut qu’on », « en Arts plastiques faut qu’on », publiée à l’adresse des profs du primaire.

Puis leurs « faut qu’on », comme attendus en fin de cycles, sont bien évidemment, accompagnés des sempiternels « y-a-qu’à » donnant de vagues pistes sans solutionner quoi que ce soit pour les enseignants face à leurs élèves. Bien sûr, à les lire, tout parait formidable. Mais lorsque ces Conseillers font référence aux BO, c’est pour les orienter vers de faux « exemples de situations » qui ne sont jamais traités concrètement.

Pour moi les seuls exemples probants seraient non pas de vagues pistes, que tout un chacun peut concevoir à un moment donné, mais des exemples de cours intégraux par année et par cycle. Ces cours rédigés par ces Conseillers, qui, j’ose espérer, ont un vécu de ce dont ils parlent, démontreraient ainsi la faisabilité de ce qu’ils préconisent. Alors la pédagogie des enseignants s’exercerait enfin pleinement en adaptant ces cours (ou d’autres) à leur public selon le niveau, le nombre et l’hétérogénéité des élèves.

Mais n’est-il pas intellectuellement plus reposant et politiquement moins casse-cou de rester dans le flou artistique avec des « y-a-qu’à » « faut qu’on » (ou vice-versa) ?

4 février 2018
Toi vouloir parler moi ?

Après avoir lu la communication du 31 janvier dernier sur les relations école-parents, rapport de nos députées Aurore Bergé et Béatrice Descamps, j’ai cru avoir été plongée dans un médiocre western des alentours de la dernière guerre mondiale ; production américaine dans laquelle on semblait considérer les non-blancs comme étant des attardés mentaux à qui il ne fallait surtout pas faire de phrases châtiées !
En substance, que disent ces députées ? Plusieurs choses intéressantes certes mais, parfois… intéressantes pour qui ?

Une partie du texte m’a particulièrement surprise ! Figurez-vous que les deux députées ont constaté « un éloignement sociologique croissant entre le personnel enseignant et les familles les plus modestes ». Cet éloignement « est un des effets induits par la « masterisation » des études d’enseignant : les jeunes enseignants sont, plus qu’auparavant, issus des classes les plus favorisées de la population française. Lorsqu’ils sont affectés dans des quartiers difficiles, ils n’en sont le plus souvent pas originaires, ils n’en connaissent pas les spécificités et vivent de moins en moins là où ils enseignent ».

Indignes professeurs au niveau d’études trop élevé qui, n’habitant pas les « quartiers difficiles », osent leur « ramener leur fraise pédante » !
En effet ce rapport suggère que certains esprits bienpensants de notre société voudraient voir parler ces enseignants comme dans le western de mon début de propos. Devrais-je leur dire : c’est ouf ?

28 janvier 2018
Oui-Oui, merci Monsieur le Professeur !

Depuis que, sur les réseaux sociaux, une femme a osé dénoncer le harcèlement sexuel qu’elle avait subi de la part d’une personnalité en vue, les médias et les politiciens se sont sérieusement emparés du sujet et c’est tant mieux, bien que le résultat risque de ne pas être à la hauteur de mes attentes !

En sera-t-il de même à propos de cette alerte lancée par un prof de français de 5ème
qui a osé poser à ses élèves un contrôle « délirant » (écrit Ouest-France le 22 janvier dernier). En effet, ce prof avait demandé à ses élèves de faire une fiche de lecture sur un livre fantastique de Philip Pullman : « Les royaumes du nord ». Un mois après sa demande, sur ses 23 élèves, 3 avaient lu le livre et deux s’étaient arrêtés au chapitre 3 ! Du coup le prof, excédé, leur a posé une interrogation sur sept lignes à lire, de « Oui-oui à la ferme » (Enid Blyton).
Exemples de questions :
-Quel est le nom du héros ?
-Comment s’appelle le personnage qui doit chercher les œufs ?
-Recopie sans faute « Oui-Oui »
-Si tu as fini et que tu n’es pas trop fatigué, tu peux lire « Les Royaumes du Nord »

Tollé quasi général des parents, de profs, et de journalistes parlant d’un « ouiouigate » sur la toile. Eh bien, pour ma part, comme la personne qui a dénoncé l’inadmissible laxisme politique relatif aux comportements sexuels de certains hommes, je félicite ce prof qui, par son contrôle « Oui-Oui » a osé dénoncer l’inadmissible laxisme politique relatif aux conditions déplorables actuelles d’enseignement que l’on rencontre dans certains établissements où les élèves ne font délibérément pas ce qui est au programme et qui leur est demandé.

Ne pouvant ignorer le travail demandé à leur progéniture avec le suivi en ligne du cahier de texte les parents ont-ils assumé leur rôle ?

Quelles solutions reste-t-il aux enseignants devant une telle situation ? Mettre des zéros…que leur hiérarchie leur demandera de modifier pour le conseil de classe ou accepter d’avoir de mauvais rapports administratifs, voire pédagogiques, pour des élèves désintéressés par le système scolaire ?

J’attends que les politiciens prennent leur responsabilité concernant l’Éducation nationale et démontrent la faisabilité des programmes, avec mode d’emploi à l’appui et formation des enseignants devant ces nouvelles situations.
Merci Monsieur le professeur, avec votre humour, vous avez au moins fait réagir !

21 janvier 2018
« Parcoursup » et apprentissage. Pas mal, monsieur le ministre !

Devant le tollé engendré par tous ceux qui crient « halte à la sélection post-bac pour entrer dans le supérieur », notre ministre n’a semble-t-il pas reculé d’un iota mais... il a trouvé une astuce : permettre juste, aux futurs bacheliers, de se sélectionner eux-mêmes. Comment ?
On leur avait dit qu’ils devraient formuler 10 vœux sur le logiciel « parcoursup » mais qu’ils risquaient de n’obtenir le plein statut d’étudiant sur l’un de leurs 10 vœux qu’après avoir suivi une formation supplémentaire (cette « sélection » qui n’ose pas dire son nom), dans certains domaines jugés indispensables en fonction de leurs choix.

Eh bien l’Éducation nationale vient de rajouter 10 nouveaux vœux, mais pour des formations en apprentissage, pouvant être rémunérées. Du coup, il y a de fortes chances pour que pas mal d’élèves de terminale optent pour cette dernière solution, moins hasardeuse que la première ; notre ministre réussirait alors à faire d’une pierre deux coups : redorer l’image de l’apprentissage tout en désengorgeant les universités.

Le seul hic de cette méthode est que son information arrive bien trop tard dans le cursus de nos élèves. Ce n’est pas devant sa fiche de vœux, que l’élève peut décider sereinement de s’orienter vers une voie professionnelle, (même avec toute la bonne volonté d’un professeur principal, peut-être fraichement nommé), alors qu’il ignore encore à peu près tout de l’ensemble des métiers susceptibles de lui être offerts.

Pour ma part, je milite depuis longtemps pour que chaque élève, même dès le primaire, soit sensibilisé à un très grand nombre de métiers. On leur parle naturellement de la diversité des êtres vivants, pourquoi se refuse-t-on obstinément à leur parler de la diversité des métiers ?

14 janvier 2018
Quand il le veut, il le fait… et quand il ne le veut pas…

Souvenez-vous du souhait que j’avais formulé à propos des programmes d’enseignement que nous pondent et nous modifient régulièrement, tous azimuts, nos têtes pensantes de l’Éducation nationale. Comme les incohérences s’accumulent d’année en année j’avais émis le vœu que le Gouvernement publie officiellement un prototype de cours sur l’ensemble des programmes, comme fait tout industriel responsable avant de lancer son produit sur le marché. Avec ce système, les incohérences de l’Éducation nationale seraient bien mises en lumière, au BO, aux yeux de tous, et c’est justement ce que ne semble pas vouloir le Gouvernement qui ne fait rien en ce sens. Par contre…
Par contre, pour peaufiner sa « loi travail », celle qui tend à totalement libérer les patrons de la moindre contrainte en matière de licenciement abusif, le Gouvernement vient de publier le Décret n° 2017-1820 du 29 décembre 2017 établissant des modèles types de lettres de notification de licenciement ; une première dans le monde du travail ! Pourquoi l’a-t-il fait si officiellement alors que la « toile » fleurit déjà de modèles de lettres en tous genres, écrits par des syndicats patronaux et par des juristes, si ce n’est pour bâillonner les juges prudhomaux ne pouvant plus rien dire devant une copie conforme de texte officiel ? Entre nous, pour « aider » encore un peu plus les patrons, il ne reste qu’un dernier décret à publier : celui notifiant que tous les frais de licenciement seront désormais à la charge de l’État !

Avec ce décret du 29 décembre, on voit bien que lorsque le Gouvernement le veut, il le fait, et très vite. Ceci montre bien qu’en matière d’enseignement il préfère que la population demeure peu instruite car, être instruit, c’est avoir appris à raisonner ; et savoir raisonner n’est-ce pas, parfois, ne plus être manipulable ?

7 janvier 2018
Lorsqu’on veut tondre son chien…

Le 15 décembre dernier, le Conseil Constitutionnel l’a proclamé haut et fort : les locaux des établissements d’enseignement privés hors contrat sont assujettis à la taxe sur les bureaux, bien que les établissements d’enseignement privés sous contrat ne le soient pas car… ces derniers sont sous contrat avec l’État et assurent donc un service public.
C’était si évident que le Tribunal Administratif de Paris, saisi de la question, n’avait pas osé prendre une telle décision et qu’il avait transmis le dossier au Conseil d’État qui, à son tour, avait préféré lui aussi ne pas trancher et poser une question prioritaire de constitutionnalité.

L’enseignement privé hors contrat, appelé depuis peu « indépendant » fait indubitablement de l’ombre à notre Éducation nationale, qui voudrait bien copier certaines de ses méthodes pédagogiques. L’an dernier le gouvernement voulait le mettre sous tutelle de ses inspecteurs et, il y a une quinzaine de jours c’est au tour des 10 membres du Conseil Constitutionnel de chercher un justificatif fiscal à lui imposer. Lorsqu’on veut tondre son chien…

Mais, au sein de l’Union Européenne, les monopoles d’État s’estomperont, ce qui me laisse optimiste concernant le développement de l’enseignement privé indépendant... ce qu’a d’ailleurs bien compris l’enseignement catholique en créant une nouvelle branche d’enseignement hors contrat.

Quoiqu’il en soit je souhaite une bonne année à tous les acteurs qui œuvrent à la formation des nouvelles générations.

31 décembre 2017
Le fameux « mode examen » des calculatrices programmables

Petit rappel pour les profs de matières « non scientifiques » qui l’ignoreraient encore mais qui vont tout de même risquer d’être concernés par la mesure suivante : à partir du Bac 2018, l’utilisation des calculettes est réglementée par la « note de service » n° 2015-056 car, avec les anciennes calculatrices, les candidats pouvaient légalement introduire dans les salles d’examen presque autant d’antisèches qu’ils le voulaient.
Notre ancienne ministre de l’Éducation nationale a donc imposé, pour 2018, le concept de calculatrices à « mode examen », ne permettant pas de mémoriser des antisèches utilisables.

Mais, comme les calculatrices peuvent enregistrer ce qu’on leur met en mémoire, il leur fallait une sorte de verrouillage actionnable à volonté. C’est ce verrou qui risque de poser de gros problèmes aux surveillants des salles d’examen...

En effet, pour passer en « mode examen » il y a toute une procédure à respecter et les surveillants, qu’ils soient profs de maths, de littérature, de musique… devront s’y conformer avant le début de chaque épreuve scientifique. Ils devront alors, pour les calculatrices programmables qu’ils auront au préalable dû identifier, s’assurer :
-que chaque machine ne soit pas encore en mode examen en début d’épreuve (pour éviter certaines triches),
-qu’ensuite chaque machine soit bien mise en mode examen (pour éviter certaines autres triches).

Rassurez-vous, profs inquiets, il vous suffira simplement de savoir reconnaître quelles « leds » des calculatrices doivent clignoter ou ne pas clignoter et de quelle couleur elles doivent être car, bien évidemment, les constructeurs n’ont pas tous utilisé le même référentiel de repérage (cela serait trop simple).

Même si vous avez réussi à suivre à la lettre toutes ces procédures, ne rêvons pas ; il y aura tout de même de la triche par bidouille des programmes internes des calculatrices, de leurs « leds » ou, plus « honnêtement », par utilisation de calculatrices extrêmement onéreuses permettant de garder les saisies personnelles même en mode examen, comme c’est semble-t-il le cas chez la « HP Prime ». Mais l’honneur de l’Éducation nationale sera peut-être sauf : elle aura tenté quelque chose contre les tricheurs. En revanche, pour sa lutte contre les inégalités, c’est encore une fois raté…

Sans doute, plutôt que de s’attaquer aux calculatrices, l’Éducation nationale aurait-elle pu envisager de poser des questions de Bac faisant appel à la réflexion des candidats, et à leur logique dans le raisonnement scientifique, mais c’était certainement au-dessus de ses forces politiques et, peut-être aussi, au-dessus de ses forces économiques car, ne l’oublions pas, les achats massifs de ce nouveau type de calculettes a été une manne pour tous les acteurs des chaînes de fabrication et de vente de ces machines.

C’est désespérant, mais gardons le moral. Bonne année 2018 !

24 décembre 2017
Évolution du salaire des enseignants. Le cadeau de Noël de la DEPP.

Dans sa note d’information n°17.28 de ce mois de décembre, la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance à l’Éducation nationale) se moque totalement de ce qu’est une information objective, une étude statistique rigoureuse… En ajoutant des choux avec des carottes que peut-elle espérer en sortir à part... un navet.
Dans cette note, chiffres à l’appui, nous apprenons, qu’entre 2014 et 2015 des enseignants du public et du privé sous contrat ont vu leur salaire baisser pour avoir pris un temps partiel ; que d’autres ont eu des augmentations par promotion ou à la suite de la naissance d’un enfant modifiant leur supplément familial.

Heureusement que l’Éducation nationale a une DEPP qui me met les points sur les « i » et m’ouvre enfin les yeux sur ces causes de variations de salaire car, seule, je n’y aurais pas du tout pensé ; comme je n’imaginais pas, non plus, avant d’avoir lu cette note, que les agrégés puissent être globalement plus payés que les certifiés ! Merci madame la directrice.

Je n’insisterai pas sur ses statistiques, j’ai déjà dit ce que j’en pensais en début de propos. Alors ?

Sous couvert « d’information », quel objectif cette DEPP cherche-t-elle donc à atteindre ? Une réponse tient peut-être dans un message subliminal réveillant la guerre public/privé. En effet, quand on sait que le terme « contractuel » dans le privé est en réalité assimilable au terme « titulaire » du public comment interpréter cette phrase écrire sur deux lignes bien séparées des autres, pour les rendre bien visibles de tous : « En moyenne, en 2015, un enseignant titulaire gagne 2.425 euros par mois contre 1.610 euros pour un enseignant contractuel. » ?

Maintenant, pour ceux qui ont compris le joyeux amalgame fait par la DEPP au sujet des contractuels, pris dans le sens de « non titulaires ou assimilés », on peut être surpris d’une telle disparité de traitement entre « titulaires » et « contractuels » sauf si l’on sait que… les « contractuels » dont parle la DEPP sont pour 45% d’entre eux à temps partiel ou incomplet et que les calculs de la DEPP ne sont pas faits sur des équivalents temps pleins !

Madame la directrice de la DEPP, si cet ensemble « d’informations » est votre « cadeau » de fin d’année, ne pensez-vous pas décevoir ceux croyant encore à la magie de Noël… ainsi que les autres ?

17 décembre 2017
Je veux un vrai bac !

Pendant des années j’ai pesté contre nos ministres successifs de l’Éducation nationales chez qui les exigences pour le bac se résumaient en une course aux pourcentages de reçus. C’était à qui disait « mieux », sans l’humour de Coluche dans son sketch du « qui perd, perd ».

Puis est enfin arrivé notre nouveau président
et son ministre de l’Éducation qui prend les choses à bras le corps et va donc révolutionner le bac. Assez de tous ces jeunes qui ne comprennent pas ce qu’ils lisent, lorsque par chance ils lisent… Assez de ces jurys de bac à qui les inspecteurs demandent de gonfler les notes de ceux n’ayant pas obtenu la moyenne, pratique qui commence à se savoir un peu trop.

Il va tout remplacer par une grosse dose de contrôle continu bien plus facilement opaque que les jurys. Et, car il faut aussi satisfaire les enseignants, il va instaurer leur avancement au mérite ; sans doute le mérite de rester « zen » face aux parents d’élèves et à leur hiérarchie lorsque ce duo diabolique insistera pour que les copies nulles ne le soient plus !

Et moi qui espérais un vrai bac, quelle naïveté !

10 décembre 2017
« Bug » informatique avez-vous dit ?

Au lieu de dire « bug » qui est un mot américain signifiant « défaut », en ce moment on devrait plutôt utiliser le mot français « bogue », spécialement créé pour les défauts informatiques. Ce ne serait malheureusement pas pour faire « cocorico » mais pour rappeler aux yeux du monde entier qu’en France le bogue est devenu un sport national qui s’applique tout particulièrement à l’informatique touchant de près notre gouvernement !

Vous n’êtes pas sans vous rappeler du dernier bogue à la SNCF. Un bogue
de plus qui, la semaine dernière, a brinquebalé quelque 20.000 voyageurs à droite et à gauche pendant des dizaines d’heures, en gare Montparnasse, à cause d’on ne sait trop quoi de précis sur les ordinateurs.

Autre exemple : depuis plusieurs semaines, vous ne pouvez plus faire immatriculer votre véhicule car le système national de cartes grises mis en place par le Gouvernement a bogué ! Et il a bogué à tel point que les préfectures ont dû, en urgence, tenter d’activer un système de substitution, système à ce jour encore mal opérationnel.

Et à l’Éducation nationale, ce lieu hautement symbolique où l’on forme notre future élite ? Idem ! Pour les dernières élections nationales CCMA, le ministère n’avait pas réussi à envoyer tous les documents syndicaux aux électeurs car… vous n’allez pas me croire… car elle n’avait pas prévu que ses vieux ordinateurs seraient saturés par le trop grand nombre d’électeurs de l’enseignement privé sous contrat (plus de 150 000 noms) ! Du coup l’EN a passé un contrat avec Microsoft mais… le bogue semble être en bonne voie de se reproduire car, en ce moment, au syndicat, nous recevons du ministère des listes de mises à jour des enseignants, avec des mises à jour de mises à jour qui se succèdent parfois plusieurs fois dans la même journée à cause d’erreurs diverses ! Bogues à répétition au ministère ? Mauvaise gestion des données ?

Dire que j’ai connu deux jeunes personnes des affaires étrangères américaines qui, au début des années 80, avaient été éberluées en voyant, chez moi, ce que je pouvais faire avec mon Minitel !

Il va malheureusement falloir s’y habituer, à devenir internationalement nuls. D’ailleurs, après nos mauvais résultats Pisa, ne vient-on pas d’apprendre, cette semaine, qu’en Europe nos élèves étaient les bons derniers en matière de lecture ? Ils ne comprennent pas ce qu’ils lisent ! Ils semblent ne pas être les seuls car la compréhension n’est-elle pas un des éléments indispensables pour bien programmer en informatique ?

3 décembre 2017
Il va falloir changer la définition du mot « réforme »

Notre président de la République l’avait annoncé : il va réformer la France tous azimuts… et l’Europe, et le Monde. Que les extraterrestres en soient dès lors avertis et se tiennent prêts à modifier leurs comportements !

Pour l’heure,
et avant la fin des 15 jours à venir, la réforme va concerner le redoublement des élèves. Leur redoublement était quasiment devenu hors la loi, il va reprendre de la vigueur, dixit les annonces gouvernementales.

En fait, la « réforminette » ne va quasiment consister qu’à prévoir la mise en place, dans la classe, d’un dispositif d’accompagnement pédagogique de l’élève en « difficultés importantes » dès lors que ses difficultés seront décelées (il est vrai qu’avant l’arrivée de notre nouveau ministre, c’est bien connu, l’enseignant se désintéressait de ses élèves en difficulté !) Et si le dispositif ne fait pas effet… on en reviendra aux dispositions actuelles en vigueur en matière de redoublement.

Lorsqu’on se réfère au dictionnaire Larousse, on apprend qu’une réforme est un « changement de caractère profond, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution… ». Il va donc vite falloir réformer la définition de réforme avant de faire des réformes réformant si peu de choses !

Le 26 novembre 2017
L’actuelle écriture avec « point médian » est sexiste !

Il y en a qui ont inventé cette écriture imprononçable (ils le savent et proposent d’ailleurs de ne l’utiliser qu’avec parcimonie et de ne pas tout y lire à l’oral) afin, disent-ils, de promouvoir l’égalité femmes-hommes. Avec elle, affirment-ils : fini le sexisme dominant masculin ! Voire.

Écrire « Les agent·e·s » « un·e auteur·e » les satisfait, eux, mais pas moi ! En effet,
pourquoi commencer par la forme masculine du mot ? N’est-ce pas aussi du sexisme pro masculin ? Pourquoi ne pas écrire « Les agen·te·t·s » ou « les agen·t·te·s » pour ne pas faire de jaloux ? Mais alors, pour informer les lecteurs sur le genre par lequel on commence l’écriture du mot, encore faudrait-il le leur signaler, par exemple par un ou deux points médians successifs. Deux points et je commence par la forme féminine ; un point par la masculine (ou vice-versa). Ce serait alors super ! « Les agen··te·t·s » ou « Les agen·t·te·s ».

Peut-être pas si super que ça d’ailleurs car… ne bafouerait-on pas l’égo des robots humanoïdes, de plus en plus nombreux d’après un certain candidat à la dernière présidentielle ? Ces robots n’auront peut-être pas envie d’être catalogués homme ou femme et s’en plaindront. Je propose alors de rajouter par exemple le symbole « | » qui leur serait réservé pour ne pas les agacer en les marginalisant, ce qui donnerait « Les agen·|··te·t·s ».

Vous voyez qu’à force de réflexion on finit par y arriver… à ce que le point médian ne soit vraiment plus sexiste !

Trêve de plaisanterie, si, en définitive, le point médian (parfois appelé aussi point en haut) signifiait à lui seul « ainsi que l’autre genre », l’écriture inclusive en serait largement simplifiée. Au lieu d’écrire « Les agent·e·s de l’État sont beau·elle·x·s » il suffirait de noter, au choix du rédacteur : « Les agentes· de l’État sont belles » (n’oubliez pas le point médian après agentes) ou « Les agents· de l’État sont beaux ». Sans compter que, de plus, « l’accord de proximité » ne se poserait plus !

Règle trop simple, ne peut-on que se dire car, finalement, en France, tout ce ramdam sur le point médian est-il réellement lié à un problème d’égalité femme-homme ou est-ce une polémique politicienne et une bénédiction pour les médias qui s’en repaissent ?

Quoi qu’il en soit, cette semaine, pour conclure je dis merci à notre Premier ministre, ce qui ne m’est pas habituel depuis quelques temps, merci d’avoir banni l’actuel point médian des textes officiels.

Le19 novembre 2017
Traumatisés à vie par les « zéro »

Depuis pas mal de temps certains hauts responsables de l’enseignement cherchent à régler leurs comptes avec la note « zéro ». Ont-ils été traumatisés dans leur vie antérieure par de très sales notes ? Toujours est-il qu’ils semblent faire un amalgame ahurissant entre le chiffre, le nombre et la note zéro.
Pour preuve de ce que j’avance, lire le contenu du rapport « Cedre » de 104 pages sur l’évaluation, en mathématiques, des élèves de CM2 du public et du privé sous contrat, rapport que vient d’éditer le ministère de l’Éducation nationale et que l’on trouve à l’adresse :
http://cache.media.education.gouv.fr/file/208/89/6/depp-dossier-2017-208-cedre-2014-mathematiques-fin-ecole_847896.pdf

Les évaluateurs ont créé six groupes d’élèves qu’ils ont appelés tout bêtement G0 à G5, certainement en utilisant un logiciel mis au point par des informaticiens ayant l’habitude de compter à partir de 0 et non de 1 (le rang du premier élément est repéré par le nombre 0, celui du second par 1, etc.).

Et voilà que ces évaluateurs se sont retrouvés avec les mauvais élèves dans le groupe 0. Alors, confondant le rang « 0 » du groupe avec la note « 0 », ils se sont affolés. De quoi, ? nous qui depuis des années prônons de ne jamais mettre de note « 0 » aux élèves… aussi ont-ils trouvé la parade (ou plutôt leur soi-disant parade) ; ils ont rebaptisé le groupe « G0 » en groupe… « G<1 », de quoi bien montrer ainsi à tout le monde qu’ils confondent malheureusement nombre et note dans le nom de groupe, dès lors qu’il s’agit de « zéro » !

Avec de tels ignorants à la tête de l’Éducation nationale, notre enseignement n’est pas sorti de l’auberge !

12 novembre 2017
« Gérer les enseignants autrement… » a dit la Cour des Comptes.

…autrement, pour faire des économies budgétaires bien sûr, et non pour améliorer la qualité de l’enseignement, ce qui n’est pas dans son domaine, bien qu’elle reconnaisse qu’il serait urgent de s’y atteler.
Donc, voici ce rapport que vous pouvez consulter à https://www.ccomptes.fr/fr/documents/39998

Et quelques extraits :
« La fin de la période 2012-2017 a été marquée par une revalorisation salariale significative, qui a rapproché les rémunérations des enseignants, à certains stades de leur carrière, des moyennes des comparaisons internationales. La masse salariale enseignante a crû à un rythme nettement supérieur à celui de l’ensemble de la fonction publique, en raison notamment du plan de recrutement mis en œuvre. Cet effort budgétaire considérable n’a pas été l’occasion d’introduire de la différenciation dans les rémunérations et surtout d’obtenir des contreparties sous la forme d’un assouplissement du régime de temps de travail. »

Avez-vous apprécié l’ensemble de ce paragraphe qui fait croire, aux non-initiés, que les enseignants auraient été augmentés de façon mirifique alors que la masse salariale globale n’a essentiellement augmenté que du fait du recrutement de nouveaux profs ?
Mais ces tournures de phrases ne sont pas anodines car elles permettent à la Cour de s’étonner à propos de l’absence de contreparties demandées aux enseignants !
En voici donc une ; une particulièrement significative du mépris de la Cour pour les profs :

« 1 : Créer un nouveau contingent annuel d’heures de temps d’enseignement devant la classe. Si les obligations réglementaires de service, actuellement de 15 heures par semaine pour un agrégé et de 18 heures pour un certifié, étaient par exemple augmentées d’un volume annuel équivalent à une heure par semaine cela se traduirait [par une économie en termes d’effectif] de l’ordre de 22 000 postes en équivalent temps plein. »

Je comprends mal pourquoi, partie comme elle l’est, la Cour des Comptes s’est contentée de suggérer que soit imposé à chaque prof de travailler gratuitement une seule heure de plus par semaine car, avec deux heures, le gouvernement économiserait alors 44 000 postes, etc. etc. !

Mais ce n’est pas tout ; dans ce rapport d’autres « suggestions » sont de la même veine. Ce que j’en conclus, à leur lecture, est que pour faire ce type de propositions point n’est besoin d’être grassement payé et que le gouvernement aurait de sérieuses économies à faire en supprimant tous ces hauts postes de la Cour des Comptes !

Revenons-en à notre faux canular digne d’un premier avril. Les membres de la Cour des Comptes ne se seraient-il pas dit, par hasard : actuellement les profs du primaire et du secondaire sont majoritairement des femmes ! Profitons-en pour les faire travailler plus ; elles n’oseront rien dire !
D’ailleurs, parmi les trois ministres concernés et destinataires de ce rapport, le ministre de l’Éducation nationale et celui des comptes publics l’ont commenté et apprécié ; celui de l’enseignement supérieur, où les femmes sont encore minoritaires, n’a même pas daigné y répondre !

4 novembre 2017
Pour entrer à la fac désormais les profs de terminale vont être sollicités

Pourquoi pas ?
À part que depuis des années on met toute la misère de l’Éducation nationale sur le dos des profs et que, lorsque le système ne fonctionne pas, on leur reproche d’être laxistes, incompétents, sadiques (voir un de mes billets d’humeur sur la « note macabre ») et je ne sais trop quel autre terme bien vexant !

Eh bien à partir de décembre, dans même pas un mois, en classe de terminale certains profs vont devenir conseillers d’orientation. « Hugh » a dit le grand chef !

Leur formation ? Aucune ; à quoi bon ?

Apparemment, pour notre ministre, en plus d’être fin psychologue pour gérer des classes devenues d’une infinie complexité, un prof bien évidemment connait tout sur les futurs besoins des industries, des sociétés de services diverses et variées…

Pour le ministre il aurait donc été dommage de ne pas mobiliser toutes ces compétences encore inexploitées. Reste à trouver en quelques semaines les bonnes âmes qui accepteront cette nouvelle mission de prof principal bis, dont dépendra la poursuite d’étude réussie ou non de nos jeunes.

Et si après cette réforme menée de main de maître, ça ne marchait toujours pas, si les facs étaient toujours engorgées, notre ministre pourrait avoir l’idée de créer des profs DRH. Ils iraient dans les entreprises pour faire passer les entretiens d’embauche aux élèves qui ne trouveraient pas de place en fac. Ces derniers auraient peut-être ainsi de plus fortes chances d'être « casés ». Ce serait super… tout au moins au début.

29 octobre 2017
Réforme de l’apprentissage.
Jusqu’où les partenaires sociaux vont-ils feindre de discuter ?

En ce moment on ne parle à peu près plus que de la réforme de l’apprentissage, une réforme de plus promise et tenue « dans les premiers mois » de la mise en place de notre Gouvernement.
À ce sujet, ce dernier vient de publier, le 25 octobre dernier, une « feuille de route » dans laquelle il écrit : « Dans la première quinzaine de novembre, un document d’orientation sera transmis aux partenaires sociaux dans le cadre de l’application de l’article L.1 du code du travail afin de les solliciter pour engager une négociation relative à la réforme de la formation professionnelle. (…) L’éventuelle négociation devra se dérouler jusqu’en janvier 2018 au plus tard. »
Pourquoi « janvier 2018 au plus tard » lorsque l’article L.1 du code du travail précise ceci : « À cet effet, le Gouvernement leur [organisations syndicales] communique un document d'orientation présentant des éléments de diagnostic, les objectifs poursuivis et les principales options. Lorsqu'elles font connaître leur intention d'engager une telle négociation, les organisations indiquent également au Gouvernement le délai qu'elles estiment nécessaire pour conduire la négociation. » ?

Pourquoi donc les syndicats, officiellement maîtres du délai de négociation, font-ils mine de ne pas s’étonner de cette précipitation imposée ? La réponse se trouve une fois de plus dans les documents provenant de la Commission Européenne, documents adoptés le 5 octobre 2017 et intitulés : « cadre européen pour un apprentissage efficace et de qualité ». Si vous êtes intéressés, ils sont sur Internet et je vous parie que lorsque le Gouvernement précisera, mi-novembre, « les axes de mise en œuvre qu’il entend donner à la réforme » on retrouvera les recommandations de Bruxelles que les partenaires sociaux feindront alors de discuter.

22 octobre 2017
Vacances de la Toussaint.

Notre Jean-Michel Blanquer en avait déjà parlé lorsqu’il était devenu ministre mais, cette semaine, le sujet est revenu dans les médias. Le nouveau gouvernement veut réduire la longueur des vacances scolaires de la Toussaint. S’essoufflerait-il dans ses « grandes » réformes pour chercher maintenant à déplacer quelques virgules dans les textes officiels ?

Dans le cas présent,
ses arguments semblent tenir de la mauvaise foi car, d’après lui, 15 jours de vacances à cette époque serait un facteur de décrochage scolaire !

Malheureusement, le décrochage scolaire a d’autres origines que tout le monde connaît (distribution des diplômes, programmes laxistes et souvent incohérents…) mais qu’il est politiquement incorrect de dénoncer. Alors, le décrochage soi-disant lié aux 15 jours de la Toussaint…

D’ailleurs, de nombreux spécialistes dans l’étude des rythmes biologiques des enfants (entre autres François Testu, chronobiologiste, chronopsychologue, connu et reconnu) sont formels : deux semaines de vacances sont bénéfiques pour les élèves, tout particulièrement dans les périodes fin octobre-début novembre et fin février-début mars.

Alors, monsieur le ministre, si vous nous disiez le pourquoi, mais le pourquoi réel d’une telle mesure envisagée, peut-être serions-nous plus réceptifs.

15 octobre 2017
Les recteurs vont servir à quelque chose… pour le DNB.

DNB : Diplôme National du Brevet. Le 24 septembre dernier j’écrivais en titre de mon billet : « Les recteurs servent-ils à quelque chose ? » à propos de ces personnes qui pourraient désormais diriger plusieurs rectorats en même temps. Et bien notre ministre de l’Éducation nationale vient de leur trouver une fonction : s’occuper du DNB.

Par un arrêté à sortir incessamment sous peu
le DNB va être encore modifié pour la session de juin 2018, alors qu’il venait à peine de l’être pour celle de juin 2017.

Quelles différences entre les deux versions du DNB ? Tout le monde se précipite pour en lire le contenu et les modalités dans un texte assez long : 5 épreuves écrites au lieu de 3 ? Mais en réalité, les 3 contenaient déjà les 5 épreuves prévues. Changement du barème des épreuves ? Effectivement, l’examen sera noté sur 800 et non plus sur 700 ; il n’y a pas de quoi en faire une réforme…

Cependant, ce qui risque de passer inaperçu, parmi toutes les pages de cette « réforme », c’est la nouvelle fonction de certains recteurs, fonction énoncée en une petite phrase ! En effet, le ministre de l’Éducation nationale va décider, selon son actuel projet, que les sujets des épreuves écrites du DNB 2018 seront choisis par lui-même, donc comme avant, ou, sur sa délégation en tout ou partie, par les recteurs d’académie. En d’autres termes, ce petit bout de phrase dit que le DNB va être décentralisé et devenir académique.

Là encore, est-ce un bouleversement ? Il est juste énoncé, peu clairement, la fin du DNB national. Mais ne nous y trompons pas, du moment que le « contrôle continu » faisait déjà partie intégrante de sa notation finale, c’était se voiler la face que de croire encore à l’unicité nationale des épreuves. Là il n’y aura plus aucun doute.

8 octobre 2017
Tous ces TDC qui « m’insupportent » !

La semaine dernière les syndicats de la Fonction publique, à leur quasi-unanimité, ont rédigé un préavis de grève unitaire dans lequel on pouvait y lire : « Les mesures négatives s'accumulent pour les agent.e.s de la Fonction publique […]. Ainsi, toutes ces mesures vont impacter fortement et négativement le pouvoir d'achat de plus de 5,4 millions d’agent.e.s public.que.s […] »

Je sais que la France
a des leçons à donner au monde entier mais, de temps à autres, il serait bon que la modestie l’envahisse. Regarder par exemple du côté du Canada, en matière d’emploi du français « féminisé » ne serait peut-être pas une mauvaise chose !

En effet, les canadiennes et canadiens francophones n’admettent pas ces lourdeurs de textes émaillés de points, parfois de parenthèses et autres, impossibles à lire, sous prétexte de féminisation mal assimilée. D’autant plus mal assimilée qu’il existe des tournures épicènes.
Je disais donc, les canadiens et canadiennes auraient par exemple tourné le tract ainsi : « Les mesures négatives s'accumulent pour les agents et agentes de la Fonction publique […]. Ainsi, toutes ces mesures vont impacter fortement et négativement le pouvoir d'achat de plus de 5,4 millions de ces personnels […] »

Encore faut-il avoir la volonté de rédiger un texte limpide. À moins que ces TDC qui « m’insupportent » (comprenez par TDC : « Très Doué en Communication » et non « Trou… »), plus vicieusement que je ne l’imagine, fassent de la très basse démagogie, grassement visible, en direction des femmes ! Ce serait un comble !

PS : Dans la même veine, les éditions Hatier viennent de publier un manuel scolaire avec ce type d’écriture (écriture inclusive) pour les élèves de CE2. Quitte à saper un peu plus l’Éducation nationale qu’elle ne l’est déjà, autant s’appuyer sur le sexe de nos angelot.te.s (avec points inclusifs), a dû se dire cet autre TDC ! On avait déjà les dyslexiques et les dysorthographiques, on aura désormais en plus les dysinclusif.ve.s (comme l’a commenté une lectrice) !

1 octobre 2017
Pourquoi faire simple alors qu’on peut tout compliquer ?

Certains d’entre vous risquent de ne pas le savoir mais l’enseignement français géré par l’État est en fait géré par deux ministères différents. He oui ! Celui de l’éducation nationale et celui de… l’agriculture !

Si je suis prof dans un collège ou un lycée agricole,
je suis agent de l’État mais je ne dépends pas de l’Éducation nationale et mes programmes, mes directives, je les lis dans le BO.agri et non dans le BOEN !

Du coup, les deux ministères font leurs réunions chacun dans leur coin, ajoutent parfois à leurs emplois du temps respectifs des réunions de concertation… du travail en double, en triple ; le but devant être de montrer aux électeurs, et parents d’élèves, que l’on travaille.

Pour bien compliquer les choses il ne manquerait plus que le ministère de l’industrie (c’est vrai qu’il n’y en a plus en France, faute d’usines) gère ses propres collèges, que le ministère de l’écologie (il y en a encore un en France, tant qu’un certain Trump le tolère) gère les siens… et l’enseignement d’État constituerait un joyeux bric-à-brac.

Alors pourquoi, avec la réformite dans le sang, notre nouveau président ne pense-t-il pas à retirer ses établissements scolaires au ministère de l’agriculture ? Peut-être que le résultat serait trop simple pour une Administration habituée à tout compliquer !


24 septembre 2017
Les recteurs servent-ils à quelque chose ?

Savez-vous que le Comité Technique Ministériel de l'Éducation Nationale, communément appelé CTMEN comme chacun le sait, va, dans un proche avenir, se pencher sur le contenu d’un projet de décret (décidément il y en a qui semblent aimer gouverner de cette manière) qui permettrait au conseil des ministres de décréter, justement, la nomination d’un méga-recteur en charge de plusieurs rectorats.

Attention,
il ne s’agirait pas d’un super-recteur chapeautant les recteurs de plusieurs rectorats mais d’un individu remplaçant à lui seul les recteurs de plusieurs rectorats.

Il semblerait, en effet, que recteur ne soit pas un poste politiquement intéressant dans une carrière. La preuve : les candidats ne se bousculent pas pour demander à diriger l’académie de Rouen. Donc, un décret pourrait, par exemple, nommer un recteur unique pour les deux académies de Rouen et de Caen.

Quel monceau de travail aurait alors ce dernier ! Rendez-vous compte ; diriger deux rectorats en même temps ! D’avance, je le plains, à moins que… que… qu’en fait, les recteurs ne servent pas à grand-chose !

17 septembre 2017
Duel chez les « y-a qu’à, faut qu’on »

Cette semaine nous avons assisté à une sorte de duel, par médias interposés, entre le président du CSP (Conseil Supérieur des Programmes) représentant l’ex-ministre de l’Éducation nationale et notre ministre actuel ayant hérité du même portefeuille.

Avez-vous une petite idée du sujet de la dispute ? Figurez-vous que le second veut modifier les programmes que le premier vient tout juste de mettre en place.

Rien d’étonnant ! En effet,
depuis des lustres, c’est entré dans les mœurs des ministres de l’EN : chacun détricote sans vergogne ce qu’a élaboré son prédécesseur. Si j’ai bien tout compris, le duel porte pour l’instant sur les mathématiques en maternelle et CP !

Exaspérée, je leur dis à tous les deux : un point partout, la balle au centre. J’en ai effectivement assez de tous ces ministres « y-a qu’à, faut qu’on » qui pondent des programmes se traduisant par de belles phrases tant dans les médias que dans le BO (Bulletin Officiel) et que dans EDUSCOL, ce « portail national d'informations et de ressources » pour les enseignants.

Moi, j’attends que ces programmes, avant leur mise en application, soient assortis de la réalisation d’un exemple de tous les cours leur correspondant.

Là, les donneurs d’ordre, les « y-a qu’à, faut qu’on » changeraient peut-être d’avis devant les éventuelles aberrations engendrées par leurs programmes et pourraient peut-être prendre conscience qu’élèves et enseignants sont des êtres humains dont il est bon de ne pas jouer l’avenir aux dés… dans l’espoir de gagner le jackpot de la célébrité !

Fin du duel.

10 septembre 2017
La France n’est pas réformable !

Ne serait-ce pas une contre-vérité ? Je ne vais prendre qu’un seul exemple, celui de l’enseignement. Même avec la formule du « mammouth », d’une certaine époque révolue, l’enseignement n’a-t-il pas été réformé presque autant de fois qu’il y a eu de ministres à l’Éducation nationale ?

Chacun d’eux y est allé de sa réforme même sans l’avoir testée grandeur nature, car,
c’est bien connu, un ministre sait par essence ce qui est bon pour nos élèves, et l’actuel ministre ne fait pas exception à la règle.

En effet, de nombreux rapports pointent du doigt la nécessité de mettre face aux élèves des personnels bien formés. Évidence, me direz-vous ! La preuve que non puisqu’il semblerait qu’il ait fallu encore le rappeler. Et, preuve supplémentaire, notre ministre, parmi toutes ses réformes en cours, va vite mettre en place des « devoirs faits » innovants pour lesquels nos enfants seront aidés par plusieurs milliers de… jeunes volontaires du service civique, en train de finir leurs études, sans qualification sérieuse pour cet emploi. On peut donc craindre le pire. Mais, ouf, cela permet d’appliquer une réforme de plus dans quelques semaines !!!

Donc, erreur, la France est bien réformable… au moins à l’Éducation nationale, et toujours dans la précipitation.

3 septembre 2017
Réforme du code du travail. Les subtilités de notre Président ?

Il y a au moins une chose que je ne peux pas reprocher à notre Président de la République : c’est pour l’instant son art de gouverner. Pour réformer le code du travail, il semble avoir utilisé la bonne vieille méthode de certains patrons sachant manier avec subtilités la carotte et le bâton face à leurs employés pris séparément.
Plutôt que de mettre en place des « grenelles » spéciaux, ou faire des groupes de travail à l’Assemblée nationale, ou encore faire organiser des négociations entre patronat et syndicats sous la houlette de sa ministre du travail, notre Président a choisi lui aussi de manier avec subtilités...

Multiplication de réunions avec les centrales syndicales, mais pas n’importe quel type de réunions : des « spéciales » car il ne s’agissait pas de négocier mais de se concerter (nuance importante dans les termes) ; et réunions encore plus « spéciales » car elles étaient en face-à-face : un seul syndicat à la fois, ce qui laissait la place à tous les échanges verbaux que l’on peut imaginer et ne pas imaginer !

Toujours est-il que l’ensemble ne débouche, tout au moins à l’heure à laquelle j’écris ce texte, que sur quelques contrariétés syndicales.

Mais en définitive c’est peut-être parce qu’il y a toujours eu un certain consensus entre tous les « concertants » pour mettre en application les recommandations de Bruxelles en matière de droit du travail. À propos, les avez-vous lues ces recommandations qui vont finir par s’appliquer aussi dans l’enseignement privé ?

27 août 2017
Notre ministre vient de réinventer… l’eau chaude !

Avez-vous lu la note de service n° 2017-131 du 10-8-2017, concernant les priorités nationales du plan de formation des maîtres pour l’année qui commence dans quelques jours ?

Notre nouveau ministre, qui nous dit vouloir tout réformer tout de suite (comme ses prédécesseurs, en quelque sorte), vient de donner ses directives. Elles sont on ne peut plus novatrices en matière de formation des maîtres ! Jugez-en plutôt :
« La formation professionnelle doit répondre à trois grands objectifs : l'adaptation immédiate des personnels à leurs fonctions, l'adaptation aux évolutions prévisibles de leur métier, l'acquisition ou le renforcement de compétences professionnelles. »

Voilà qui est enfin nouveau car avant, …c’était avant…, le personnel n’était pas formé pour être immédiatement opérationnel. On lui parlait de la pluie et du beau temps, des sorties qu’il pourrait faire pendant ses nombreux loisirs… c’est fini ! Maintenant on devra lui parler de son travail et même, grande nouveauté… de ses élèves !

En effet, la note ministérielle en question précise (car c’était nécessaire !) que « l'enjeu premier de la formation réside dans l'appropriation des pratiques pédagogiques et éducatives les plus propices à la réussite et au bien-être de tous les élèves. »

Voilà donc un ministre très prometteur et très productif, tout au moins dans la réinvention de l’eau chaude.

20 août 2017
Enfin, notre ministre le reconnait ! Cependant…

Auditionné à l’Assemblée nationale, notre ministre de tutelle a, enfin, reconnu certaines vertus pédagogiques à l’enseignement privé indépendant pour lequel a-t-il dit : « il se passe des choses intéressantes ».

À ce sujet, il a même précisé
qu’il allait intensifier les expérimentations pédagogiques dans le public, et donc dans le privé sous contrat, sans aucun doute pour tenter d’imiter le privé indépendant.

C’est bien, cependant… ces quelques paroles prononcées devant nos élus nationaux ne sont-elles pas là pour tenter d’assoupir notre défiance vis-à-vis du gouvernement qui dans le même temps tente et espère renforcer sa main mise sur le privé indépendant en multipliant les dispositions négatives à son encontre ?

Cela ne rappelle-t-il pas le chant des sirènes ?

13 août 2017
Ces flemmes qui guettent nos jeunes

Vendredi dernier, j’ai lu un titre accrocheur dans la revue de presse hebdomadaire de la CFE-CGC : Marathons, parcours du combattant… : pourquoi les cadres sup adorent-ils les sports qui font souffrir ? L’écrasante majorité des « joggeurs » est constituée de cadres et professions intellectuelles supérieures…

Je ne détaillerai pas les raisons pseudo-psychologiques explicatives telles que :
pour déstresser, pour renouer avec son « moi » mis de côté dans le travail d’équipe... raisons invoquées dans l’article auquel renvoie la revue de presse.

Mon explication, même pas effleurée tout au long de l’article, est que l’Enseignement tient une part prépondérante dans la mise en place, chez les jeunes, des éventuelles futures flemmes, intellectuelle et physique car les deux vont souvent de pair.

Depuis des lustres, l’Éducation nationale s’est résolument tournée vers le ludique de bas niveau : surtout ne pas trop faire travailler les élèves, pas plus en classe qu’à la maison, sans la moindre culture de l’endurance. Et ceux qui réussissent à échapper à ce laxisme « flemmardogène » font généralement partie de ces cadres sup dont on parle.

Quant à bon nombre des autres, malheureusement, la flemme généralisée les guette !

6 août 2017
Certains établissements d’enseignement public devraient avoir du mouron à se faire !

En effet, le 19 juillet dernier, le Conseil d’État a rejeté la demande (entre autres du SYNEP CFE-CGC) d’annulation, pour excès de pouvoir, du décret n° 2016-1452 du 28 octobre 2016 relatif au contrôle par l’État de l'instruction dans les établissements d'enseignement privés indépendants (de l'État). Il paraît que ce décret ne porterait pas atteinte à la liberté d’enseignement !

C’est exact, il ne porte pas atteinte à la liberté d’enseignement en ce sens que l'on a le droit de créer des établissements scolaires privés indépendants, mais...
…mais il porte juste atteinte à la liberté d’enseigner comme on veut, quand on veut car, avec ce décret, les inspecteurs de l’enseignement public vont devoir vérifier, dans le privé indépendant, si les enfants ont acquis les compétences et les connaissances en se référant… devinez à quoi ? En se référant à celles qui sont attendues des enfants scolarisés dans les établissements publics ! En résumé : à 10 ans on doit savoir ceci, à 13 ans on doit savoir cela, à 16 ans on doit savoir…

Ce que je sais, à mon âge, c’est que depuis de nombreuses années l’Éducation nationale n’arrive pas à faire en sorte que la majorité de ses élèves ait acquis le strict minimum requis par elle-même. Alors je m’inquiète pour nombre d’établissements du public car, en toute honnêteté intellectuelle (si elle existe au sein de l’État), combien l’État devra-t-il fermer de ses établissements ne répondant pas aux normes qu’il impose désormais au privé indépendant ?

Et si l’État ne s’exécutait pas, je me poserais alors des questions sur les raisons précises et inavouables ayant conduit à publier un tel décret !

30 juillet 2017
Moraliser la vie politique ! Mais qu’est-ce que LA morale ?

« La » morale existe-t-elle ? N’y a-t-il pas des morales ? C’est un vaste sujet entre autres philosophique et, dans ces conditions, que signifie : moraliser la vie politique ?

Je vais prendre un exemple simple. Élue députée, comme je n’aurai pas le droit d’embaucher mon mari en tant qu’assistant parlementaire, je vais pouvoir facilement
embaucher mon amant. Autre solution : je divorce vite fait à l’amiable et j’embauche mon ex. Où est LA morale dans l’histoire ? Vaut-elle que l’on en fasse une loi ?

À mon avis, les électeurs doivent s’intéresser plus aux résultats positifs obtenus par leurs élus qu’à la nature de leurs relations avec les assistants avec lesquels ils ont obtenu ces résultats… tant qu’il n’y a pas détournement de fonds.

C’est d’ailleurs un problème analogue que l’on pourrait se poser pour les établissements d’enseignement privé. Certains, parmi les « indépendants », sont des entreprises familiales. Doit-on crier à l’immoralité tant que ces établissements n’arnaquent pas les jeunes qui leur sont confiés ? Mais, dans ce cas, est-ce vraiment lié au caractère familial de l’entreprise ? N’y a-t-il pas d’autres établissements, dont je ne citerai pas le nom aujourd’hui car ce n’est pas le sujet, qui, malgré leur caractère non-familial, arnaquent nos jeunes depuis des années ? Alors, moraliser : oui ; mais… autrement que pour faire de la démagogie.

23 juillet 2017
Éducation nationale : disparition programmée ?

Vous avez peut-être constaté, comme moi, que depuis des années l’Éducation nationale fait tout ce qu’elle peut pour s’auto-détruire. En ce moment, c’est à Nîmes que les choses se passent. Sous couvert de mixité sociale mal assimilée,
le rectorat est en train de revoir la sectorisation de la ville (le terme de carte scolaire ayant acquis ses lettres de mauvaise-noblesse on l’a remplacé par celui de sectorisation) et en profite pour fermer le collège Diderot !

On aurait pu imaginer que le rectorat en profite, au contraire, pour rendre Diderot attractif car les méthodes applicables en ce sens sont nombreuses. Non, il préfère le fermer ! Et par quoi le remplacer ? Par, entre autres, un accroissement des moyens donnés à des établissements d’enseignement privé sous contrat avec l’État !

À titre personnel, militant de longue date pour l’enseignement privé, je ne suis bien sûr pas contre cette solution rectorale. Elle me surprend, si tant est que l’on puisse être surpris par les agissements de notre ministère de tutelle. Ce que je déplore, par contre, c’est de voir une institution nationale se saborder par petites touches, et tout particulièrement au soi-disant prétexte de la mixité sociale !

Je ne suis pas pour la disparition de l’Éducation nationale, bien au contraire car, comme dans de nombreux domaines, dont celui de l’enseignement, on a besoin d’émulation forte. Mais force est de constater que cette institution semble avoir programmé sa disparition. À ce sujet, je vous renvoie d’ailleurs à mon billet d’humeur du 9 avril dernier, billet dans lequel je m’étonnais qu’un inspecteur d’académie milite en faveur de la montée en puissance de l’enseignement privé sous contrat avec l’État. Jules Ferry doit se retourner dans sa tombe !

16 juillet 2017
Jour de carence et agents de l’État

À moins que je n’aie pas bien tout compris, il s’agirait d’une mesure soi-disant égalitaire car les personnels de droit privé sont actuellement soumis à des jours de carence en cas d’arrêt maladie et ceux du public ne le sont pas.

Exact, mais dans ce cas,
pourquoi faire comme on fait pour l’enseignement, depuis des années ? Pourquoi niveler par le bas ? Pourquoi ne pas supprimer les jours de carence pour tout le monde ?

Si ce n’est qu’une question de gros sous, qu’une punition collective comme les augmentations de TVA et de CSG, autant le dire clairement et ne pas aller évoquer l’égalité et la chanter sur tous les toits !

À propos d’égalité, d’ailleurs, au sein des entreprises du privé, des accords d'entreprise peuvent être négociés (négociations d‘entreprises chères à notre président) entre autres pour les jours de carence. J’espère donc, au moins, que le jour de carence pour les agents de l’État sera lui aussi négociable établissement par établissement, sinon, où serait l’égalité ? Ne serait-elle qu’une vague notion brandie lorsqu’elle arrange nos dirigeants ?

9 juillet 2017
« Merci pour ce moment » passé parmi nous.

Cette semaine, je vais vous donner un exemple concret, vécu : celui de la fille d’une de mes amies. Elle est née en 2003 et est entrée à l’école maternelle en 2006, à l’époque des rythmes scolaires à 4 jours et demi.

En 2008
elle subit une première réforme : 4 jours avec accompagnement personnalisé pour les enfants en difficultés. Mais comme elle est classée parmi les « douées » et que rien n’est proposé dans ce cas de figure, pour elle pas d’accompagnement ; c’est une perte sèche d’heures de cours.

De plus, la réforme des rythmes scolaires s’accompagne d’une réforme des programmes avec évaluation en CE1. En 2009, dans sa classe de CE1, l’évaluation rogne un temps certain sur les heures de cours pour déboucher sur le constat suivant : niveau de maths catastrophique pour la majorité des élèves ! Réaction des « autorités » de tutelle : aucune. L’enseignant n’est peut-être pas doué pour les maths mais il est bon ailleurs ! Rendez-vous est donc pris pour l’évaluation de CM2.

En 2012, l’évaluation CM2, et sa perte conséquente de temps de cours, confirme le bilan très faible du CE1. L’enseignant avoue d’ailleurs à mon amie qu’en mathématiques, il fait malheureusement ce qu’il peut ! Comment d’ailleurs lui en vouloir, en pleine mutation des programmes ?

En 2014, nouvelle réforme des rythmes scolaires avec retour à la semaine de 4 jours et demi. Mais je n’insiste pas car la fille de mon amie, alors en 6ème, y échappe. Ouf pour elle !

Par contre, en 2016, alors qu’elle est en 4ème, elle a droit à la réforme du collège avec son principe des vases communicants : on enlève des heures à droite pour en mettre d’autres à gauche ! En la circonstance, on ajoute 30min de maths en 6ème pour enlever une heure en 4ème. Pas de chance pour la fille de mon amie car elle n’a pas bénéficié de la demi-heure de plus en sixième mais elle perd bel et bien son heure de maths de 4ème.

Et puis, cerise sur le gâteau, la même année il y a création des EPI et des heures d’accompagnement. En ce qui concerne l’accompagnement, elle n’y a pas droit, n’en ayant parait-il pas besoin. Quant aux EPI… ses enseignants préfèrent les tester une année entière sur leurs élèves de 3ème avant de les appliquer à ceux de 4ème. Pas d’EPI, donc, pour elle.

Voilà qu’approche la rentrée 2017 avec son nouveau lot de réformes d’un flou actuellement « artistique » à propos des EPI pour le brevet des collèges. Que se passera-t-il pour la fille de mon amie ? Mystère actuel total !

Et ensuite, lorsqu’elle entrera en terminale, qu’adviendra-t-il du bac dont on nous annonce qu’en 2021 il subira une réforme tant spectaculaire que… « navrante » (j’en ai déjà parlé dans un autre billet d’humeur). Elle en essuiera les plâtres une fois de plus !

Finalement, combien d’heures d’enseignement perdues par cette jeune fille durant toute sa scolarité ? À combien de « refontes » des programmes ses enseignants ont-ils dû s’adapter, avec tous les écueils de la nouveauté rejaillissant sur leurs élèves ? Et le tout pour quels résultats ? Un enseignement français de plus en plus déconsidéré dans le monde. Mais…

…point positif, car je ne vais tout de même pas terminer sur une note négative : ...mais au moins des ministres de l’Éducation nationale pleinement satisfaits de leur travail accompli en vue de l’épanouissement intellectuel des jeunes générations !

Pour l’avenir de nos enfants, mesdames et messieurs les ministres, messieurs les présidents : « Merci pour ce moment » passé parmi nous !

2 juillet 2017
Et maintenant… le décret pour les rythmes scolaires !

Avec notre nouveau Président, j’avais compris que notre pays serait géré « autrement ». C’est tout au moins ce qu’il avait promis de faire avant son élection. Eh bien, en matière d’Éducation nationale, il utilise les mêmes méthodes navrantes que ses prédécesseurs : s’empresser de réformer à tout-va, sans rien tester !

C’est ainsi qu’après quelques semaines de présidence,
plusieurs détricotages des réformes précédentes ont été mis en œuvre et qu’aujourd’hui le ministre de l’Éducation s’en prend aux rythmes scolaires. Décret n° 2017-1108 du 27 juin 2017 : 4 jours ? 4,5 jours ? Comme il semble ne pas trop savoir vers où pencher (ni à droite ni à gauche ?), il décide de laisser la réponse aux élus locaux.

Mais, me direz-vous, ce décret ne s’applique pas à l’enseignement privé sous contrat et encore moins à celui indépendant ; alors pourquoi s’en inquiéter ?

Ce qui est inquiétant c’est qu’une fois de plus, des réformettes sont décidées sans avoir évalué ce qui était en place ! En France nous étions (et demeurons donc, semble-t-il) les spécialistes des absences de contrôles d’impacts de ce que décident les gouvernements. Et dans le cas présent, à propos des rythmes scolaires actuels, qui a évalué quoi ? Personne, mais on change tout de même !

25 juin 2017
Un serpent de mer qui refait surface : celui des devoirs faits à la maison !

Utiles selon les uns pour assimiler les éléments essentiels appris en cours, inutiles et inégalitaires selon les autres à cause des disparités entre les familles et donc entre les aides potentielles qu’elles peuvent apporter à leurs enfants respectifs.

Alors notre nouveau président vient, semble-t-il, de trancher : les élèves auront à faire des devoirs en dehors des cours mais… ceux qui le désirent pourront les faire au collège, pendant des études dirigées. C’est ce qu’il a appelé le dispositif des « devoirs faits ».

En fait, ce sur quoi notre président a tranché,
c’est sur la nécessité ou pas de donner des devoirs en dehors des cours. Pour lui, comme pour moi, les élèves doivent avoir un peu de travail scolaire à faire en dehors des temps d’enseignement classiques. À condition qu’il soit pertinent et ne serve qu’à mettre en lumière quelques points essentiels de ce qui a été vu en cours.

Cependant, concernant l’inégalitarisme supposé pointé par certains, les « devoirs faits » au collège vont-ils y changer quelque chose ? Non ! Ils peuvent même exacerber les rancœurs inégalitaires car ces études surveillées seront réservées au « élèves volontaires » à ceux qui risqueront donc d’être facilement identifiés et montrés du doigt par des « camarades » avides de comportements vexatoires. Je crois déjà entendre ces derniers leur crier : « il va à l’étude ! » (Traduction : « sa famille est nulle ! »). Du coup, socialement parlant, le but ne serait pas atteint. À moins que…

…À moins que notre président, lucide, fasse diriger les « devoirs faits » par des pros de la pédagogie et non par quelques volontaires passant dans la rue. Alors, même ceux enclins à se moquer des autres iront dans ces études et elles deviendront un grand « plus » pour les élèves des collèges. Mais quel en sera le coût en terme budgétaire ?

C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle notre président semble hésiter et vient de retarder la mise en application de sa mesure qui devait entrer en vigueur à la rentrée 2017.

J’attends donc la suite du feuilleton !

18 juin 2017
Mon appel du 18 juin pour l’enseignement supérieur

Le magasine « Times Higher Education » vient de publier son palmarès annuel des universités les plus réputées au monde et la France n’en compte plus que 3 dans les 100 premières (et qu’une seule dans les 50 premières).

La France sous-performe une fois de plus cette année et j’en viens à me demander si
la « théorie du complot » n’expliquerait pas cet état de fait. Lorsque je parle de complot, je ne pense pas à un gigantesque complot international mais bien à un complot franco-français des élites contre le peuple !

Depuis des dizaines d’années les élites françaises, de droite comme de gauche, militent pour des universités de plus en plus médiocres desquelles elles espèrent ainsi voir une grande majorité de jeunes sortir avec un diplôme, pour faire plaisir aux électeurs. Mais à quoi servent des diplômes sans grande valeur internationale, comme notre bac que «l’équipe Macron» s’apprête à dévaluer un peu plus avec son contrôle continu ?

Il y a pas mal de temps, un de nos présidents a clamé un jour, haut et fort : « en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées ! » Il devait s’agir d’idées pour endormir et leurrer la population française. C’est fait.

Aussi, ce 18 juin, j’en appelle donc à notre nouveau président : la France vient de subir une défaite historique et cuisante en matière d’enseignement supérieur (et pas seulement supérieur), alors peut-on espérer des jours meilleurs sous votre quinquennat ?

11 juin 2017
Aurait-on fait redoubler pour rien ?

Nouveau ministre, nouvelles orientations. Jean-Michel Blanquer se distingue donc de certains de ses prédécesseurs en lançant quelques idées, sans doute pour tester les réactions de… je vais dire la société civile puisque ce terme a été mis à la mode !

Cette semaine, notre nouveau ministre songe donc sérieusement à ré-autoriser les redoublements polémiques, mais… comme vous l’avez certainement constaté dans la politique standard Macronienne, en ménageant la chèvre et le chou ! Aussi,
pour ne pas mécontenter les adeptes du redoublement interdit, notre ministre a-t-il pris des gants oratoires en affirmant que le redoublement « doit rester possible quand c’est dans l’intérêt de l’élève » !!!

Qui l’eut cru ? Avant l’interdiction totale, les profs décidaient-ils du redoublement d’un élève par jeu, en le tirant à pile ou face, ou par sadisme ? Ils espéraient au contraire lui permettre d’acquérir les bases lui manquant car à quoi bon poursuivre des études si c’est pour continuer à ne rien comprendre ?

En fait, la réponse au problème du manque de bases est que chaque élève en difficulté a besoin d’être accompagné dans ses points faibles et non laissé à lui-même. Or, tout accompagnement a un coût, en terme budgétaire.

Il faut donc juste savoir ce que l’on veut : un enseignement profitable à TOUS ou un semblant politiquement correct d’universalité. Dans le second cas, la polémique sur le redoublement autorisé ou pas demeure effectivement d’actualité et peut aboutir entre autres à des phrases… telles celle de notre ministre.

4 juin 2017
Facs actuelles et service militaire au XIXème siècle : même tirage au sort, même combat !!

Par esprit d’égalité, tout le monde devait faire son service militaire, avait-on dit à l’époque. Mais comme ceux sous les drapeaux devaient y rester plusieurs années pour bien apprendre à se battre et qu’on ne pouvait pas se permettre de garder toute une classe d’âge longtemps à la caserne, on avait imaginé le tirage au sort. Celui qui tiraient « un bon numéro » ne faisait pas son service militaire et s’il n’avait pas eu de chance, il pouvait en prendre jusqu’à 6 ans selon les années ! Fort heureusement, en particulier pour les riches familles, leurs fils ayant tiré un mauvais numéro avaient le droit de se faire remplacer ; il leur suffisait de trouver les volontaires et de les payer. Et comme le système fonctionnait bien, l’État instaura même une taxe sur les remplacements.

Je passe maintenant au problème actuel de la Fac.
Par esprit d’égalité, tout le monde (ou presque) devrait pouvoir aller étudier en Fac, a-t-on dit de nos jours. Mais comme les étudiants doivent y rester plusieurs années pour bien apprendre, et que les locaux et les profs coûtent cher, on a ici aussi imaginé le tirage au sort. Celui qui tire un bon numéro peut poursuivre ses études et l’autre… tant pis pour lui. À moins que…

À moins qu’un futur décret, pondu à la va-vite comme certains aiment le faire, autorise un jour ceux ayant tiré le « bon numéro » à se faire remplacer moyennant contrepartie financière. Participer au tirage au sort à la Fac deviendrait alors une sorte de loto lucratif pour l’ensemble des jeunes souhaitant… ne pas aller en Fac ; une manne pour les plus chanceux d’entre eux ! De plus, le Gouvernement ne manquerait pas alors d’utiliser cette autorisation payante de remplacement pour imposer une taxe sur la transaction, transformant ainsi la pénurie de place à la Fac en source de revenus pour les pouvoirs publics ; et ce en toute « égalité républicaine » clameraient certains !

Facs actuelles et service militaire au XIXème siècle : même tirage au sort, même combat, n’est-ce pas ? Une fois pour y aller, une fois pour ne pas y aller !

28 mai 2017
De plus en plus d’enseignants-stagiaires sont remerciés en fin d’année de stage ! C’est inquiétant !

Comme l’a annoncé le Comité Technique Ministériel de l’Éducation nationale le 4 mai dernier : le nombre de licenciés avant titularisation a doublé entre les années scolaires 2012-2015 et 2015-2016 !
Motifs des licenciements : manque de didactique, de pédagogie, de connaissance dans la discipline enseignée, mauvaise gestion de conflits…

Mais au fait, qu’y a-t-il d’inquiétant ?
Imaginez-vous au pays « Utopismo ». Les futurs chirurgiens doivent passer un concours puis les lauréats deviennent stagiaires. Ils sont mis en situation et opèrent seuls, chaque semaine. Et en fin d’année, ceux n’ayant pas respecté les règles d’hygiène, ou dont le doigté laisse visiblement à désirer, sont licenciés sans ménagement. Si l’on ne tient alors pas compte des décès de certains patients, bien sûr, à Utopismo, la « formation » des chirurgiens est peu coûteuse et satisfait donc pleinement les utopismistes.

Revenons à nos stagiaires de l’Éducation nationale « remerciés », avant titularisation. Dans l’état actuel des choses ils ont eu en charge, durant l’année scolaire entière, une ou plusieurs classes selon la matière enseignée. Ils ont donc pu causer des dégâts irréparables chez certains élèves, mais… bof, « il n’y a pas mort d’homme et ce ne sont que des élèves, après tout », semblent se dire nos ministres successifs de l’Éducation ; « les économies réalisées en les formant « sur le tas » valent bien quelques sacrifices »
C’est bien cet état d'esprit qui est inquiétant !!

21 mai 2017
Ils en rêvaient depuis des décennies… Le Président Macron va peut-être le faire !

Toutes ces élites démagogues, qui pensent pour la multitude des autres, se demandaient comment réussir à faire croire au bon peuple qu’elles voulaient l’émanciper au travers de la connaissance tout en le maintenant dans un semi obscurantisme accepté, ni vu ni connu ! Elles en étaient certes en bonne voie depuis quelques temps, mais là notre nouveau Président va, de fait, leur apporter LA solution sur un plateau.

Le Bac sera réformé. Suite à de multiples
simplifications successives des programmes, aux exigences de plus en plus réduites de connaissances, aux multiplications d’options facultatives, aux incitations au laxisme des jurys, un ultime coup de pouce va être donné aux pourcentages de réussite tout en faisant de substantielles économies budgétaires.

En effet : un bac essentiellement en « contrôle continu » devrait être programmé. Ce sera super. D’autant plus super que ce que l’on appelle « contrôle continu » en France est souvent une quasi absence de contrôle. Les professeurs notent leurs élèves et donc risquent de se noter eux-mêmes, sous l’œil attentif des parents et de leur administration plus à mêmes de faire pression dans les établissements que dans les jurys. Et en plus, élèves et parents seront heureux.
Des profs seront sans doute déçus… au début, puis certains finiront par risquer d’imiter le Topaze de Marcel Pagnol.

J’attends tout de même des précisions sur les modalités de ce « contrôle continu » annoncé. Peut-être me feront-elles changer d'avis.

14 mai 2017
Moi présidente, pendant mes 100 premiers jours à l’Élysée…

Moi présidente, pendant mes 100 premiers jours à l’Élysée (à ceux qui pourraient s’étonner de ce début de texte, je suis en train de m’approprier la chronique quotidienne « Moi président » d’Hervé Pauchon sur France-Inter), en matière d’Éducation nationale je ne publierais aucun texte d’envergure, par simple précaution, pour ménager son avenir incertain. En effet, cette belle institution est devenue si bancale à cause de toutes les réformettes la tirant dans tous les sens depuis des décennies, que la moindre virgule changée dans ses textes de base pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Aussi, mes 100 premiers jours, je me contenterais de mettre en place une petite expérience ou deux, par exemple sur le nombre restreint d’élèves en classes de CP… mais pas plus ! Par contre…
Par contre, parallèlement, je lancerais une étude de faisabilité pour introduire l’enseignement de la logique, dès le CP ! Même la campagne présidentielle a en effet montré, par certains de ses discours et tracts, que la logique, la vraie, la scientifique, celle qui permet de communiquer et de se comprendre, était de plus en plus bafouée. Les contresens ont ainsi fusé de tous côtés, sans même être relevés par qui que ce soit, comme si chacun avait compris ce qu’il voulait comprendre et non ce qui était écrit ou dit !

Nos jeunes, dès le CP, sont aptes à assimiler le « ET », le « DONC »… alors, pourquoi hésiter à le leur enseigner ? Il est vrai que leur apprendre à être logique, c’est risquer de leur développer l’esprit critique (le vrai), celui que n’aiment pas les endoctrineurs…

7 mai 2017
Leur carrière avant tout… élèves compris !

Vous avez sans doute constaté qu’au ministère de l’Éducation nationale, depuis quelques temps, pas mal de hauts fonctionnaires étaient en pleine mutation. C’est sans doute l’heure, pour quelques uns d’entre eux, de réussir à trouver un point de chute tranquille où poursuivre leur carrière sans se faire remarquer des futurs nouveaux personnels politiques.

Parmi ceux qui en profitent pour partir à la retraite,
j’ai tout particulièrement remarqué certains inspecteurs généraux et recteurs devenus soudain prolixes en conseils et méthodes éducatives qui, d’après eux, seraient à mettre en place rapidement afin de tenter d’endiguer la dégringolade de notre système d’enseignement public. Que ne les ont-ils pas proposés avant, lorsqu’ils avaient une latitude décisionnelle non négligeable ! Car, comme me répondait il y a quelques années un politicien dont j’ai oublié le nom et à qui je demandais pourquoi il n’appliquait pas les « réformes » attendues : « nous, nous ne sommes que de passage ici et lorsque nous modifions un texte, ce sont les hauts fonctionnaires qui le mettent en œuvre… ou pas ! » Donc, disais-je, sauf si ce politicien m’a répondu n’importe quoi en espérant justifier son inaction, pourquoi les hauts fonctionnaires géniaux attendent-ils la retraite pour se manifester ? Privilégieraient-ils leur carrière avant tout, même au détriment des élèves ?

30 avril 2017
Tract politique : Drôle de modèle de croissance !

Ce dimanche de « l’entre deux tours », je vais un peu parler d’élections, ou tout au moins du contenu d’un tract listant les points essentiels du programme d’un prétendant à la présidence de la République française. Pas de nom ! Je dirai simplement que son tract concerne le premier tour des élections et qu’il m’a été communiqué par un compatriote actuellement en poste aux États-Unis.

Un dernier mot, avant de passer au contenu du tract :
il y a d’éminents pédagogues qui prétendent que, « pour ne pas perturber les élèves, il faut ne leur donner que des énoncés de problèmes dans lesquels TOUS les éléments sont à utiliser ». Et leur esprit critique, quand le développe-t-on ? Car dans la « vraie vie », lorsque ce ne sont plus les profs mais les circonstances qui fournissent les énoncés, les éléments indésirables s’invitent sans crier gare ; et si l’on n’y prend pas garde, voilà le type de tract que l’on obtient après une conversation (que j’imagine) au sein de l’équipe chargée de le rédiger :
-Il est impératif de parler de croissance économique.
-Et aussi de parler des perturbateurs endocriniens. C’est écolo et ça fait la « une » des médias…
-Qu’est-ce que c’est ?
-Des trucs qui perturbent la production des hormones.
- ?
-Oui, l’hormone de croissance, par exemple…
-Perturbateurs… de la croissance !!! C’est bon ça, on tient une partie de notre communication !

Et c’est ainsi que le troisième point du tract est rédigé :
« ■ Inventer un nouveau modèle de croissance :
-Un plan d’investissement de 50 milliards d’euros pour la formation de deux millions de chômeurs, pour la transition écologique, pour des grands travaux de rénovation urbaine
-Interdiction des perturbateurs endocriniens dès lors qu’il existe des solutions reconnues comme moins toxiques. »

Les américains ont, parait-il, bien ri !

23 avril 2017
« L’investissement essentiel, c’est la formation des enseignants ! »

Ce n’est pas moi qui le dis pour la nième fois, mais Jean-Paul Delahaye (IGEN honoraire, ex-DGESCO de notre ministre de l’Éducation sur le point de faire ses valises) qui le rappelait à l’AEF, le 21 avril dernier.

Il faut au moins être un IGEN chevronné pour pouvoir sortir doctement une telle vérité ! La formation n’est-elle pas indispensable pour tous les métiers ? Viendrait-il seulement de réaliser que « la formation à un métier » n’est pas un truc que l’on impose bêtement aux futurs salariés, un truc sans intérêt, uniquement là pour leur casser les pieds et leur montrer que les patrons commandent et qu’ils doivent obéir ?
En lisant cette évidence au sujet de l’importance de la formation des enseignants, je me suis donc dit qu’elle devait certainement cacher quelque chose de plus subtile. Et c’est effectivement le cas. Tenez-vous bien… toute son argumentation est axée sur les classes d’élèves pauvres (ou des pauvres) et les décrochages scolaires. Pourquoi décrochent-ils, ces élèves ?

D’après les cogitations de cet IGEN, les enseignants sont majoritairement issus des classes moyennes et ne sont donc pas en adéquation avec les milieux populaires. Du coup, dans leurs classes, ils peuvent « faire des erreurs » (peut-être en leur parlant en français correct, par exemple, alors qu’ils auraient dû s’exprimer en verlan, ces « oufs » !). Voilà donc d’où viendrait le problème du décrochage scolaire.

L’IGEN préconise alors que les futurs enseignants acquièrent, en formation, des connaissances en matière de milieux populaires, afin d’adapter leurs cours. Entre nous, c’est une partie du b.a.-ba de ce que l’on devrait apprendre en pédagogie ; le tout étant de fixer les bornes jusqu’où ne pas aller !

On est donc encore dans l’évidence, jusqu’à ce que l’inspecteur dévoile enfin le vrai fond de sa pensée en concluant par : « Il faudrait aussi organiser un pré-recrutement pour favoriser la poursuite d’études des étudiants des milieux populaires qui souhaitent devenir enseignants ».

Voilà où voulait finalement en arriver cet inspecteur : prêcher pour une discrimination entre les futurs enseignants ; une discrimination qu’il pourrait qualifier de « positive », s’il souhaitait imiter un certain président de la République. Là, je ne suis plus d’accord, car une discrimination est toujours une discrimination, quels que soient les critères de discrimination !

16 avril 2017
OEPRE ou OEPERI pour des parents ?

Le 13 avril 2017, paraissait au Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale une circulaire
http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=115286'
nous informant sur le dispositif 2017-2018 OEPRE (Ouvrir l’École aux Parents Pour la Réussite des Enfants).

Super, me suis-je dit. Notre ministre semble enfin
s’intéresser à sa communication en direction des parents et, qui plus est, pour que leur progéniture réussisse à réussir.

Hautement intéressée, j’ai donc parcouru le texte du dispositif OEPRE. Curieusement, il ne s’adresse qu’aux parents étrangers allophones (un allophone étant une personne qui, sur un territoire donné, a pour langue première une autre langue que la langue officielle du territoire). Pourquoi donc négliger les autres parents ?

La réponse devient claire lorsqu’on lit que le dispositif de l’OEPRE a pour but « d'améliorer les compétences des parents (allophones, entre autres dans) la connaissance du fonctionnement et des attentes de l'école vis-à-vis des élèves et des parents ».

C’est l’école de la République qui « attend » certains comportements des élèves et de leurs parents et non pas le contraire ! Alors, pourquoi ne pas le dire clairement ? Pourquoi tergiverser et ne pas nommer ce dispositif « Ouvrir l’École aux Parents Étrangers Pour la Réussite de leur Intégration (OEPERI) » plutôt que OEPRE ? Serait-ce politiquement incorrect ?

9 avril 2017
Augmenter le nombre de places dans le sous contrat ?

Le 5 avril, Bruno Magliulo, inspecteur d’académie honoraire, envoyait au SYNEP CFE-CGC un de ses derniers écrits dans lequel il s’inquiète de la montée en puissance de l’enseignement privé hors contrat avec l’État, au détriment de l’enseignement public et de l’enseignement privé sous contrat avec l’État. Dans son document que l’on trouve à l’adresse

https://www.linkedin.com/pulse/la-forte-expansion-de-lenseignement-primaire-et-priv%C3%A9-bruno-magliulo

M. Magliulo écrit en substance que
certains parents d’élèves, déçus par le public, s’orientent en premier lieu vers le privé sous contrat mais que, ce dernier étant limité en places, ces parents s’orientent alors vers l’enseignement plus coûteux : le privé hors contrat. Jusque là, je suis d’accord avec l’inspecteur.

Où mon désaccord devient patent c’est lorsque M. Magliulo soutient la solution du Secrétaire Général de l’Enseignement Catholique : demander au ministère d’augmenter le nombre de profs agents de l’État dans le privé sous contrat afin de lui permettre d’augmenter le nombre de ses places d’accueil.

En effet, comme les programmes, la pédagogie… du privé sous contrat sont obligatoirement un « copié-collé » de ceux du public, vus les résultats du public, il est donc « normal » que les parents se tournent vers le privé, le vrai.

Il serait donc judicieux, en termes de coût des études pour les familles, que cet inspecteur milite pour une amélioration plus que significative d’une Éducation Nationale devenue l’ombre d’elle-même. Dès lors, à quelques exceptions près, je parie que les parents d’élèves ne regarderaient plus du côté du privé, sous contrat ou pas. Mais ce n’est, semble-t-il, pas l’orientation prônée par M. Magliulo !

9 avril 2017
Réponse de M. B. Magliulo

Merci pour ce signalement et cette contribution au débat. Il va de soi que je respecte pleinement votre point de vue, même si nos points de vue respectifs ne convergent qu'en partie.

Pour votre information, j'ai par ailleurs pu observer des réactions diamétralement opposées, me reprochant de ne pas *porter le fer au feu comme il le faudrait en s'attaquant à la loi Debré* !

Quoi qu'il en soit, j'ai le sentiment que ce débat aura lieu dans un relativement proche avenir.

Cordialement
B. Magliulo

2 avril 2017
Équipe Simplex : les « didacticiens des maths » du dimanche !

Avez-vous jeté un coup d’œil à ces animations navrantes dont le but est soi-disant de « développer la culture mathématique » ? C’est Simplex qui le dit et qui ajoute même : « chaque épisode est dédié à un théorème mathématique et prend la forme d’une situation-problème concrète, réaliste, connectée au quotidien des adolescents. »

Pauvres adolescents à qui l’on feint de montrer
le « concret » des maths avec des démarches scientifiques des plus douteuses !

Je ne vais m’attarder que sur un seul exemple, relatif à la trigonométrie, que vous pourrez trouver, avec les autres vidéos, à l’adresse :

http://education.francetv.fr/matiere/mathematiques/quatrieme/dossier/simplex-ou-comment-les-maths-nous-simplifient-la-vie

Des « jeunes » doivent couper une pizza ronde en 3 parts égales.
Méthode dite scientifique, proposée par Simplex : ils parlent d’un rayon du cercle ; du prolongement de ce rayon pour obtenir un diamètre ; d’une perpendiculaire se déplaçant sur ce prolongement et coupant le cercle ; de triangles isocèles symétriques obtenus avec d’autres rayons, etc. etc…
Pour finalement arriver à penser que 120° étant le tiers de 360° il suffit donc de faire des angles au centre de 120° pour délimiter leurs 3 parts de pizza !

Maintenant, puisque l’on est dans le concret, comment réussir à trouver le centre de cette pizza autrement qu’au « pifomètre » et comment déterminer perpendiculaires et milieu d’un rayon ? Quitte à travailler à l’intuition dès le début, autant que ce soit jusqu’à la fin, sans les soi-disant maths !

De plus, quel curieux raisonnement scientifique ne s’appliquant pas dans de nombreux autres cas ; heureusement qu’ils n’avaient pas à diviser leur pizza en 5 !

Si vous voulez un aperçu d’une autre animation concrète navrante, le voici, en très bref. On veut faire passer un écran géant par une porte rectangulaire (1m sur 2m). Passera, passera pas ? Avec Pythagore on détermine alors la longueur des diagonales de l’ouverture de la porte (je passe les détails dont celui de trouver la racine carrée de 5) et comme, à quelques petits centimètre près, cette longueur est un peu supérieure à l’une des dimensions de l’écran, tout va bien pour Simplex ; le problème est résolu. À part que, dans la vraie vie, celle du « concret, réaliste », l’épaisseur de l’écran risque de poser un sacré problème. Mais Bof !

Les maths, c’est l’école de la rigueur et ces exemples verbeux et approximatifs, ludiques ou pas, sont loin d’être rigoureux tout en laissant croire qu’ils le sont ! Si l’équipe de Simplex veut être un groupement de « didacticiens des maths », elle a encore de gros progrès à faire car, si pour elle la didactique consiste à travailler sur du réel, qu’elle y travaille réellement et pas seulement en dilettante… du dimanche !

26 mars 2017
Le droit de désobéissance des agents de l’État

« On » m’a fait savoir qu’il y a peu de temps, un inspecteur de l’Éducation nationale avait réuni ses enseignants stagiaires pour les avertir, avec bienveillance bien sûr, que si la moyenne de leurs classes en responsabilité était inférieure à 10/20, ils avaient à craindre pour leur titularisation.

Bien évidemment, de nombreux stagiaires se sont
inquiétés, d’où ce « on » de mon début de paragraphe !

S’il a bien été compris, un tel « conseil », de la part d’un inspecteur, est proprement scandaleux mais pas si surprenant par les temps qui courent ! N’assiste-t-on pas en effet à une fuite en avant d’un ministère ne sachant plus comment masquer aux parents l’indigence de son enseignement ? Non seulement nos enfants auront à supporter le poids de la dette abyssale que nos gouvernants successifs leur ont mis sur les épaules mais, en plus, ils auront à supporter le poids d’une quasi an-alphabétisation d’une grande partie des adultes en devenir.

Pour en revenir à ce « conseil » de l’inspecteur, c’est-à-dire à ce chantage administratif, que répondre aux stagiaires ? Personnellement je leur dirai que le droit de désobéissance des agents de l’État existe mais que, comme le « droit de retrait », il est actuellement très limité ; et que ce droit est, de facto, encore plus limité pour les stagiaires.

Mais rien ne s’oppose à ce que dans un premier temps ils informent les parents de cette demande « d’harmonisation », qui ne reflète pas obligatoirement le niveau réel de leur enfant. Puis, si les années suivantes, une moyenne ne convient pas à leur chef d’établissement, qu’ils lui laissent la responsabilité de la surévaluer !

Nous savons bien, tous, que l’enseignement de nos jeunes devrait passer plus par un enseignement de qualité que par des moyennes surfaites.

19 mars 2017
Dilemme syndical et solidarité enseignante

Cette semaine je vais vous entretenir d’un sujet, cas d’école, pour lequel toute ressemblance avec des faits réels ne serait fort heureusement que pure et fortuite coïncidence. Cependant, comment ne pas penser à ce dilemme susceptible d’être posé à une conscience syndicale ?

Vous savez combien le ministère de l’Éducation nationale s’intéresse peu à la pédagogie…
à tel point qu’il n’hésite pas, et encourage même, à laisser se créer des classes surchargées incluant plusieurs jeunes à difficultés reconnues, jeunes nécessitant une attention toute particulière et bien souvent des pédagogies appropriées. Dans un tel contexte, même des profs chevronnés et bardés de diplômes en pédagogie ont bien du mal à animer des cours structurés ; alors, pensez un peu à ceux qui n’ont entendu parler de cette science que par ouï-dire mais que le ministère de l’EN a tout de même mis en responsabilité, sans formation spécifique !

Et bien, imaginons un peu le cas d’un tel prof dont l’administration de l’établissement aurait décidé de se débarrasser, et qui bien évidemment solliciterait l’appui d’un syndicat. Imaginons que l’administration fournisse, à charge, des pièces montrant une très forte solidarité entre certains de ses collègues, mais une solidarité traduite par une unanimité de remarques du genre : « dans cette classe, pour moi aucun problème ! ».

Dans de telles conditions, face à l’administration, ce syndicat n’hésitera bien sûr pas à défendre bec et ongles le prof venu le solliciter. Mais quelle devrait être l’attitude du syndicat face à ces collègues dont la position risque de n’être que de circonstance ? Dilemme : taire leur comportement ou en faire état ?

Il y a déjà tellement d’autres situations bien réelles à traiter que je me demande finalement pourquoi aujourd’hui je me suis torturée l’esprit avec un tel problème hypothétique qui ne saurait être !

12 mars 2017
Cour des comptes et Éducation nationale : « l’enseignement, on s’en moque !»

Ce 8 mars, la Cour des comptes « épingle » une fois de plus le ministère de l’Éducation nationale. Cette fois-ci c’est au sujet des remplacements de courte durée des personnels en collèges et lycées, remplacements très peu assurés qui provoquent, bien évidemment, des « trous » dans les emplois du temps des élèves. Ces trous, parfois importants, désorganisent le rythme des entrées et sorties des établissements scolaires.

La Cour des comptes a LA solution. Comme
certains lycées et collèges arrêtent les cours bien avant le début officiel des vacances d’été, si le travail de leurs profs « libérés » était annualisé, ces derniers devraient des heures non faites à leur établissement. Et ces heures serviraient, par anticipation, à combler les fameux trous des absences de courte durée ; le tout sans bourse déliée.
Mais… la Cour des comptes, satisfaite, oublie quelques détails !

Pour les élèves libérés par anticipation, soit le programme n’a pas été terminé, soit il a été fait en conséquence, c’est à dire sciemment allégé, avec bien sûr l’accord tacite des inspecteurs. Mais le contenu des programmes… Bof !

Passons maintenant aux problèmes de la manière dont ces profs « remplaçants » boucheront les « trous », en utilisant par anticipation leurs quota d’heures annuelles. La plupart du temps, pour faire une heure ou deux de cours, ils se trouveront face à des élèves qu’ils ne connaissent pas et dont le niveau de progression sera difficile à cerner en quelques minutes.
Le rendement sera super ! Mais, au moins, comme le clame en substance notre ministre : l’important, pour les familles, est de savoir chacun de ses enfants encadré par des profs.

Finalement, la Cour de comptes et l’Éducation nationale ne sont elles pas sur la même longueur d’onde ? Pas de classe sans prof ! « L’enseignement, on s’en moque » ; l’important est qu’il revienne le moins cher possible.

5 mars 2017
Chahut en classe : Les profs ont bon dos !

Je sais que ce problème est souvent imputé aux profs mais ces derniers n’ont-ils pas bon dos ? Par exemple, même pour les plus pédagogues d’entre eux, que peuvent-ils faire face à deux ou trois jeunes perturbateurs impossibles à contrôler, surtout avec la politique actuelle peu encline à en motiver certains ? Et là, l’Administration a parfois
une nette propension à critiquer ses profs plutôt qu’à les soutenir, ce qui est inadmissible.

En effet, en matière de règlement, les chefs d’établissement ont plus que leur mot à dire ; ne sont-ils pas les seuls responsables à pouvoir décider de l’enclenchement d’une vraie procédure disciplinaire ?

Pourtant après que leurs profs aient utilisé toute la panoplie graduelle des sanctions mises à leur disposition, (mot dans le carnet, devoirs supplémentaires, heures de colles…) des chefs d’établissement refusent d’appliquer les sanctions disciplinaires plus importantes qu’eux seuls peuvent prendre et laissent ainsi s’installer une atmosphère délétère. Et finalement, en dernier ressort, lorsque la situation est devenue ingérable, certains n’hésitent pas à monter les parents (clients rois), contre leurs profs pour pallier leur mauvaise gestion des situations de crise.

C’est navrant, mais les profs ont souvent bon dos, n’est-ce pas ?

26 février 2017
« Le Monde » et son « before »

En direction des lycéens et des étudiants, donc de jeunes d’un âge déjà avancé, et pour les aider à orienter leurs choix d’études supérieures, « Le Monde » a créé un nouveau rendez-vous sur les réseaux sociaux : « le before de ton avenir ». Ce rendez-vous est patronné par le ministère de l’Éducation nationale dont les personnages influents, certainement enchantés par « before », se reconnaitront peut-être, comme ceux du journal « Le Monde », parmi les personnages dont je fais état dans mon billet d’humeur du 5 février dernier à propos de l’inculture et de l’utilisation de mots anglais.

Il est par ailleurs curieux de constater que
« Le Monde » qui, dans ses articles, critique à juste titre le tutoiement presque systématique des « jeunes » par les forces de l’ordre, se permette de l’utiliser à son tour. Mais bah, on va dire que pour ce quotidien c’est par empathie, pour reprendre un mot à la mode !

Pour en venir au fond du sujet, « Le Monde », qui semble s’intéresser au pré-avenir de nos étudiants, ne se trompe-t-il pas (volontairement) de cible ? En effet, est-il urgent de s’adresser tout particulièrement aux jeunes qui réussiront à se faire une place au soleil, quoi qu’il advienne ?

Le gros problème actuel de notre pays n’est pas celui de proposer des places à notre future petite élite qui en trouvera toujours avec ou sans « Le Monde » mais de contrer la politique éducative régressive transformant en médiocres la très grande majorité de nos élèves. Ils ne réussissent pas à raisonner correctement et deviennent la proie de tous les beaux parleurs fourmillant sur la toile et du monde implacable qui les entoure.

Et dans son coin « Le Monde », qui s’intéresse souvent aux différentes misères humaines, suit ici un chemin que je qualifierai de politiquement correct vis-à-vis des ministères de l’Éducation nationale qu’il semble préférer ne pas froisser. Si ce journal tient à s’engager sur un « before » de certains, je préfèrerais que ce soit sur celui de la grande majorité de nos élèves, mais… ce serait politiquement plus clivant !

19 février 2017
Les profs de France, sadomasochistes, devraient pratiquer l’EPCC !

La semaine dernière, comme vous n’avez certainement pas manqué de le lire dans mon précédent billet d’humeur, je notais que la Directrice Générale de l’Enseignement SCOlaire (Florence Robine) avait confirmé que le ministère actuel soutenait le « Mouvement de Lutte Contre La Constante Macabre » et l’EPCC (Évaluation Par Contrat de Confiance).

Comme je vous avais alors parlé de la « constante macabre », ce quota de mauvaises notes que, dixit le ministère, ces sadomasochistes de profs français font exprès
de coller à leurs élèves et les démotivent, il me reste, aujourd’hui, à mettre en lumière (obscure ?) l’EPCC, ce type d’évaluation qui devrait éradiquer cette navrante constante macabre et, par là même, redorer le blason de la France dans les futurs tests Pisa.

Pour les curieux, voici une adresse Internet faisant état avec précision de l’EPCC : http://mclcm.free.fr/EPCC/070320_EPCC.pdf

En quelques mots, la notation dite « révolutionnaire » EPCC préconise d’annoncer, aux élèves, le programme précis du futur contrôle ; d’avoir réalisé les exercices auxquels ils seront confrontés, sans leur tendre de pièges ; d’en avoir discuté et, enfin, de ne pas leur demander des rédactions de réponses plus complexes que celles vues en classe.

Entre nous, il s’agit d’un mode d’évaluation banal pour un pédagogue lambda, érigé en mode révolutionnaire par le ministère, un peu comme les notes chiffrées remplacées par des lettres ou des couleurs !

La pédagogie, c’est l’art non seulement de savoir structurer un cours pour en faire passer sans heurts les points essentiels, mais c’est aussi savoir contrôler en douceur si les objectifs assignés ont été atteints.

En conclusion, si l’Éducation nationale avait fait correctement son travail, elle aurait commencé par former ses enseignants à la pédagogie, au lieu de crier haut et fort, par l’intermédiaire de nombre de ses ministres : « on apprend à enseigner en enseignant » ! Dicton navrant dont le seul avantage est de ne pas coûter cher à court terme, et dont l’inconvénient est de sacrifier des générations d’élèves.

12 février 2017
Les profs de France seraient sadomasochistes !

Cette semaine, Florence Robine (DGESCO) l’a confirmé : le MENESR soutient le MLCLM et son EPCC. Si vous n’avez pas tout compris, je vais traduire !

Cette semaine, Florence Robine, Directrice Générale de l’Enseignement SCOlaire, l’a confirmé : le Ministère de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, soutient le Mouvement de Lutte Contre La Constante Macabre et l’Évaluation Par Contrat de Confiance. Si, maintenant, vous hésitez sur l’interprétation de cette phrase en voici une clef de lecture.

Il est urgent, pour
l’actuel ministère français de l’éducation et son bilan quinquennal, de désigner au monde entier les responsables de la débâcle de son système éducatif ; et comme il est hors de question que ce soient les politiques successives qui en soient accusées, le ministère a soudain tout compris : les profs et leur sadomasochisme plus ou moins latent en sont les coupables.

Lorsque les profs français évaluent leurs élèves, ils auraient à l’idée (selon le ministère et certains chercheurs en pédagogie) que mettre de bonnes notes les ferait passer pour des laxistes. Aussi, leur côté sadique les inciterait-il à inventer des contrôles retors leur permettant ainsi de mettre systématiquement un quota de sales notes, quota que certains spécialistes ont appelé « la constante macabre ».

Ces spécialistes font remarquer, à juste titre si elle existe, que cette constante macabre dégoûte et démotive les élèves. On peut d’ailleurs aller plus loin dans leur raisonnement et en déduire que les classes deviennent alors insupportables pour les profs et que, persister dans cette attitude évaluatrice c’est montrer une certaine dose de masochisme plus ou moins inconscient.

Lorsque je lis les résultats de Pisa, je ne peux m’empêcher de penser que, selon cette théorie, les évaluateurs internationaux doivent être, eux-aussi, un peu sadiques sur les bords, surtout lorsqu’ils se trouvent face à des copies françaises. À moins que le mal ait déjà été fait en amont par les sadiques de France ayant créé de mauvais élèves démotivés par la constante macabre !

La politique éducative française ainsi dédouanée, il ne restait plus, au ministère, qu'à modifier les modes d’évaluation des élèves. Profs, si donc, pour corriger votre dose de sadomasochisme vous êtes de bons petits agents de l’État, vous ne devez pas avoir manqué l’occasion de pratiquer l’EPCC ! (à suivre…)

5 février 2017
L’inculture s’installe chez nos « têtes pensantes »

Cette semaine, si vous avez suivi les débats para-politiques télévisés, vous avez peut-être relevé une certaine remarque faite sur plusieurs de nos chaînes nationales : la classe politique française, dans son ensemble, serait de plus en plus inculte.

Cette inculture, liée bien évidemment à la médiocrité récurrente de notre enseignement, se traduit de plusieurs manières ; aujourd’hui, je n’en mettrai qu’une en évidence car elle est, elle aussi, d’actualité.

Je connais personnellement
un ex « jeune » d’une affligeante médiocrité scolaire (il a eu son bac, rassurez-vous ou inquiétez-vous selon votre humeur) chez qui la moindre phrase était bourrée de fautes d’orthographe et de grammaire. Comme il n’en était cependant pas très fier, l’astuce trouvée, pour masquer son inculture, était de remplacer les mots qu’il jugeait douteux par des mots d’anglais (à l’orthographe souvent toute aussi douteuse). J’en suis navrée, d’autant plus que… l’astuce semble avoir fonctionné ! Mais c’est l’une des raisons pour lesquelles je me méfie toujours lorsque je vois, entre autres, des têtes connues de la télévision ou des personnalités politiques semer ça et là quelques mots d’anglais dans leurs conversations ; sont-elles « Anti-français » ou incultes, ou... (avec, bien évidemment, un « ou » inclusif, comme tout conjonction « ou » par défaut) ?

Quant à l’actualité à laquelle je faisais allusion plus haut ? Il s’agit du dossier que Paris adresse en anglais aux membres du CIO, et de son affichage sur la tour Eiffel, pour espérer obtenir les jeux olympiques de 2024, bien que le français soit langue officielle des JO !

Je suppose que vous pouvez donc imaginer ce que je pense du directeur général de « Paris 2024 » et de notre élite politique du Grand-Paris !

28 janvier 2017
La RE-féminisation des noms de métiers

Certaines personnes s’offusquent de voir écrit professeure. Cependant… savent-elles qu’au XIIe siècle, par exemple, et même bien après, en français on n’hésitait pas à énoncer les activités des femmes en des termes relatifs à leur sexe, et ce du haut en bas de l’échelle sociale ?

En voici quelques exemples :
archiduchesse, baronnesse, emperresse, princesse, abesse, papesse, clergeresse (religieuse), prieuresse, boursière (qui gère les dépenses dans un couvent), celerière (clergeresse préposée aux provisions d’un couvent), tuterresse, administrarresse, inventeure, procurateure, facteure, doctoresse, chirurgienne, médecine (femmes exerçant la profession de médecin), archière, bouchère, chapelière, tavernière…

Puis vers le XVIe siècle et après, (quelle mouche a donc piqué la société francophone ?), on se met à railler les femmes exerçant un métier et la plupart des noms de professions et de charges disparaissent peu à peu ou changent d’objectif : les avocates, les banquières, les doctoresses… deviennent les femmes des avocats, des banquiers, des docteurs… et le machisme verbal s’installe.

Début du XXIe siècle, les activités des femmes commencent de nouveau à être exprimées en termes relatifs à leur genre. Il faut espérer que ce changement de comportement ne soit pas cyclique. Et, malheureusement, je le crains puisque des personnes bien pensantes nous dirigeant estiment qu’on ne puisse y arriver qu’en nous imposant des quotas et des lois sur la parité hommes/femmes entre autres aux élections professionnelles… mais surtout pas présidentielles !

22 janvier 2017
« Cauchemar en cuisine » académique

Ce que je vais vous dire, cette semaine, est évidemment faux, complètement faux car, qui pourrait imaginer que ce soit autre chose qu’une fiction créée de toute pièce pour faire éventuellement trembler certains collègues dont les rapports avec leur direction ne seraient pas au beau fixe ?

Un directeur, donc, ne pouvant apparemment plus vivre en la présence de l’un de ses enseignants, fait venir inopinément l’inspecteur de cet indésirable.
Sans être prévenu, ce qui est contraire aux bonnes mœurs académiques habituelles, l’enseignant voit donc débouler l’inspecteur dans sa classe.

Mais comme ce dernier ne peut pas faire de rapport officiel, il en rédige un « officieux », bien évidemment à charge contre le maître en question ; un écrit de complaisance, pourrait-on dire, à destination du directeur. Et c’est ainsi que le dossier de l’un de nos collègues se trouve agrémenté d’un document non officiel que le rectorat exploite aussitôt pour le licencier.

Mais… comme j’ai pris soin de vous l’annoncer en début de ce billet d’humeur, tout ce que je viens d’écrire est bien évidemment de la pure fiction. Ce n’est que le scénario noir d’un irréaliste « cauchemar en cuisine » académique. D’ailleurs je me demande comment il pourrait en être autrement !

15 janvier 2017
Éducation. Qui est intéressé par nos jeunes ?

Ce soir à la télévision, à entendre chaque prétendant au trône de France, ces cinq dernières années l’éducation nationale en primaire et au collège a été réformée comme il convenait qu’elle le soit, dixit Vincent Peillon si satisfait de son action en tant que ministre qu’il ne toucherait rien à son chef d’œuvre et s’attèlerait même à réformer le lycée et l’enseignement supérieur s’il accédait à la présidence de la République.

Comme les « résultats Peillon » ne sont visiblement pas au rendez-vous et que d’autres candidats s’en sont aperçus,
ces derniers ont inscrit dans leur programme de diminuer le nombre d’élèves par classes, de mettre des enseignants en duo devant certains groupes d’élèves un peu trop hétérogènes et/ou d’éviter de nommer de jeunes professeurs (non expérimentés) dans des établissements sensibles. Que voilà donc de bonnes résolutions, mais…

Vous constaterez comme moi (par exemple en regardant, sur Internet, le « nuage » des mots les plus demandés pendant la campagne électorale, que « l’enseignement » n’y figure même pas en petits caractères), que tout le monde se fiche de l’enseignement, à commencer par les parents dont le seul objectif est de voir leur progéniture reçue à des examens, fussent-ils donnés et sans valeur. Et des examens sans valeur, on en donne de plus en plus, ce qui satisfait ainsi chaque acteur de la vie politique.

Quand donc un candidat (ou une candidate), aura-t-il compris que les jeunes commencent en primaire à s’imprégner de rigueur dans leurs raisonnements et qu’il importe donc de les aider, à ce moment là, à développer leur intellect. Il faut donc introduire dans leurs programmes des rudiments de « logique » pure et dure. Et tant que l’on se contentera de croire que tout va bien du moment qu’on « se comprend en gros » on n’élèvera pas le niveau de nos jeunes et on en handicapera un grand nombre à vie, sauf s’ils ont la chance d’être dans un milieu familial dit « favorisé ». Et encore…

Ceci étant, comme je l’ai déjà écrit par ailleurs, les partis politiques, les syndicats, les patrons… ont-ils réellement besoin d’une masse de futurs adultes sachant réfléchir et raisonner avec rigueur et donc difficiles à manœuvrer ?

8 janvier 2017
Et si Benoit Hamon avait encore plus raison qu’il n’ose le dire ?

Lorsque ce candidat à la primaire de la gauche propose un revenu universel (donc pour tous, travailleurs comme non travailleurs, ayant envie de travailler comme n’en ayant pas envie), il justifie sa proposition par l’idée (pas absurde) que, dans un avenir plus ou moins proche, l’informatique et la robotique devraient considérablement réduire les possibilités de travail. Le chômage exploserait et que deviendrait alors cette majorité d’individus définitivement privée de boulot ? D’où l’idée de mettre en place un revenu universel.

Me sont alors revenus en mémoire les vœux de bonne année de notre ministre de l’Éducation nationale, se félicitant de son travail accompli, de ses réformes s’ajoutant aux réformettes des réformes des réformettes de ses prédécesseurs.

« Bon Dieu ! Mais c’est… Bien sûr » me suis-je dit à la manière du commissaire
Bourrel, d’une très vieille série télévisée. Je venais d’élucider une énigme me trottant dans l’esprit depuis pas mal de temps : pourquoi l’enseignement en France dégénère-t-il à grande vitesse depuis des lustres et des lustres, quel que soit le gouvernement, et pourquoi le mouvement ne fait-il que s’accélérer ? À ce sujet, avez-vous lu le rapport de fin 2016, du Sénat, rapport faisant référence aux démissions de jeunes enseignants stagiaires de l’Éducation nationale, déçus par le système ? Pour les stagiaires du primaire : 1,21% (en 2013-2014), 1,82% (en 2014-2015) et 3,18% (en 2015-2016) !!! Pour ceux du secondaire, la courbe est, elle aussi, croissante : 1,08% (en 2013-2014), 1,73% (en 2014-2015) et 2,48% (en 2015-2016). Belle envolée de courbes, madame la ministre ! Et je ne parle pas des autres « problèmes » que j’évoque dans mes billets d’humeur, de temps à autres.

Donc, évidemment, « bon Dieu ! Mais c’est… bien sûr » ! Benoit Hamon le dit : Il n’y aura plus de travail pour la plupart de gens, on n’aura besoin que d’une petite élite pour faire fonctionner les robots et en imaginer d’autres encore plus performants que leurs prédécesseurs. La majorité de l’humanité n’est-elle donc pas destinée à avoir son petit revenu universel lui permettant de passer tranquillement ses jours à jouer sur des systèmes virtuels ? Alors, à quoi bon s’évertuer à peaufiner un enseignement coûteux de qualité pour tous ? Mais, comme l’avouer serait politiquement incorrect, mieux vaut donc faire croire que l’on fait tout pour instruire tout le monde.

1 janvier 2017
Meilleurs vœux à tous !

J’étais en train de préparer un « billet d’humeur » plein d’espoir pour l’enseignement, celui d’après les élections présidentielles de 2017, lorsque j’ai appris le décès de Danièle KARNIEWICZ, personnalité de premier plan à la CFE-CGC. En effet, elle était, il y a encore peu de temps, présidente de la CNAV (Caisse Nationale de l’Assurance Vieillesse) et secrétaire nationale CFE-CGC à la protection sociale. C’était une grande dame de notre Confédération ; une proche amie syndicale du GFPP, fédération d’appartenance du SYNEP CFE-CGC.
Toutes mes condoléances à sa famille.

Malgré les circonstances, meilleurs vœux à tous les lecteurs et lectrice et futurs lecteurs et lectrices de mes billets d’humeur.